Planter des haies

Une oeuvre collective
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Sur les 35 chantiers participatifs menés par le Parc durant l’année scolaire, sept d’entre eux serviront à planter des haies et des arbres fruitiers. Le PNR fait ainsi d’une pierre trois coups : il recrée des corridors de circulation pour la faune et la flore, aide les agriculteurs à améliorer les conditions agronomiques de leurs parcelles et il fournit à des jeunes une formation théorique et de terrain.
 
Article de Sophie Martineaud pour l'Echo du Parc n°83 (février 2020)
 
« Le Parc a pour objectif de reconstituer une trame verte, notamment en aidant les exploitants à replanter des haies et des fruitiers » explique Marion Doubre, chargée de mission Paysage au Parc. Au service de la biodiversité, cette continuité restaurée favorisera la circulation d’insectes, de papillons, d’oiseaux ou de petits mammifères. Dans un premier temps, le Parc organise une rencontre sur place avec l’exploitant. « On discute des intérêts croisés et des essences possibles, à la fois d’un point de vue agronomique et naturaliste ». Aubépine, noisetier, prunellier, sureau, charme, fusain, érable champêtre, cornouiller sanguin, genêts, ajoncs, le Parc fournit les plants d’arbuste, puis met en place les chantiers de plantation avec les jeunes en formation. à charge pour l’agriculteur, de gérer la taille et l’arrosage les deux premières années où les plants en ont besoin. « Sans notre initiative, bien souvent, ces plantations de haies n’auraient pas vu le jour » précise Olivier Marchal, chargé d’études Environnement.
 
Agronomie et nature
 
Deux camionnettes se garent à l’entrée du champ et laissent s’échapper une volée de jeunes, filles et garçons. Combinaison de travail, chaussures de sécurité, tout le monde est paré pour cette matinée de travail, de vrais professionnels en herbe. On se répartit les houes, les bêches, les fourches, le paquet de cordeaux et ficelle pour tracer les linéaires. Sans oublier les bottes de jeunes plants qui un jour, constitueront une superbe haie bocagère. Action-réaction, c’est parti pour la zone de plantation. Sur place, Olivier donne les consignes et les règles de sécurité.
 
Plantations de haies
 
En ce mois de novembre, ils sont une vingtaine d’élèves à intervenir ce matin, une classe de 1ère pro de Tecomah (Ecole de l’Environnement et du cadre de vie), l’un des trois établissements en convention avec le Parc, avec le CHEP du Tremblay-sur-Mauldre (Centre horticole d’Enseignement et de Promotion) et l’école d’horticulture du Breuil à Paris. L’équipe est complétée par un professeur, quelques bénévoles et deux intervenants du Parc.
 
Deux jeunes se chargent de placer les jalons à intervalles réguliers à l’aide du cordeau. Avant de mettre le plant en terre, on le trempe dans un seau de pralinage (mélange de terre détrempée, d'engrais et de désinfectant) afin d’enrober les racines et de faciliter la reprise. Chacun s’applique à bien enduire les racines et veille à laisser le collet à l’air libre. « Ces travaux pratiques et concrets sont en lien direct avec leurs cours théoriques » explique Emmanuelle Guyot, professeur de technologie professionnelle. « De retour en classe, ils sont plus à l’écoute et ils retiennent mieux ».
 
Dernière étape, pailler à la fourche pour préserver l’humidité et ralentir l’enherbement. Quelques heures plus tard, mission accomplie, ce sont 400 m de haies qui ont été mis en place. « Pour nous, cette force de travail est une vraie chance » apprécie Morgane Converset, maraîchère à Chevreuse qui a fait appel au Parc. Si j’avais dû le faire seule, cela m’aurait pris des mois et des mois, sans compter l’ambiance conviviale avec ces jeunes très motivés et qui s’intéressent de près à notre métier ». Pour une bonne insertion paysagère, pour servir de brise-vent, et pour attirer des insectes pollinisateurs et des prédateurs naturels contre les ravageurs de cultures, cette exploitante tenait beaucoup à planter ces haies autour de sa ferme. « Mais il me manquait les connaissances techniques. Grâce aux conseils du PNR, nous avons mélangé feuillus et persistants, choisi les variétés pour échelonner les floraisons et les fructifications ».
 
Plantations de haies
 
Mieux apprendre par la pratique
 
Souvent, l’activité collective se termine autour d’une soupe chaude, d’un goûter ou d’un repas préparé par l’agriculteur, comme chez Vincent Leprince, céréalier bio à Forges-les-Bains, enchanté de l’expérience. « Seul, je ne me serais pas lancé aussi vite. Grâce à son expertise et son organisation, le Parc m’a permis de concrétiser rapidement mon projet de haie ». Déjà, le jeune agriculteur a constaté un plus grand nombre d’oiseaux et de petits gibiers, des lapins notamment. Cette année, les jeunes reviendront avant la fin de l’hiver pour une deuxième tranche de plantation à la ferme de la Matricaire à Chevreuse, pour le plus grand bonheur de l’agricultrice, des insectes et des oiseaux !
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