Mis à jour le 10 janvier 2023
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Une cantine assurée par le restaurant local

Article de Sophie Martineaud pour l'Echo n°91 (janv. 2023)

Les enfants du centre de loisirs de Choisel ont bien de la chance. À l’heure du déjeuner, ils ne rejoignent pas la cantine, mais plutôt le restaurant ! Tous les mercredis de l’année scolaire, c’est l’Auberge des Trois Hameaux qui les accueille aux côtés de la clientèle habituelle. Un mélange des genres qui fait des heureux et des envieux.

Soupe à l’oignon, flan de carottes, tomates farcies, lasagnes aubergines, saumon et fondue de poireaux, mais aussi banana split, brochette de raisins au four… Qui devinerait que ces spécialités sont au menu hebdomadaire du centre de loisirs de Choisel ? Une véritable cantine de luxe où les enfants se régalent de produits faits maison.

Ambiance et découvertes culinaires

Il est 11h45 en ce mercredi de novembre. Une dizaine d’enfants de 6 à 10 ans s’installe à la grande table qui leur est réservée dans la salle du restaurant, qu’ils partagent avec la clientèle habituelle répartie en petites tables. Oh bien sûr, l’ambiance est plus animée que les autres jours. « Mais en règle générale, tout ce petit monde se mélange plutôt bien » constate Soazig Seguis, la maîtresse des lieux. Avant de s’asseoir, Lise 8 ans, nous confie : « Ce qui est bien c’est qu’on voit que ça va être bien préparé » en jetant un oeil au chef qui s’active en cuisine de l’autre côté du comptoir. Pas de doute, les enfants savent apprécier leur chance et s’efforcent d’être plus disciplinés, car « ici, on n’est pas entre copains, il faut faire attention aux voisins ».

Chaque mercredi, le chef prépare un menu à leur attention, avec les produits habituels de l’établissement. On fait ainsi découvrir aux enfants des saveurs dont ils n’ont pas l’habitude. Parfois, cela grimace un peu, et pourtant, ils sont les premiers à vous dire qu’à l’auberge « on mange des plats succulents et originaux qu’on ne goûterait jamais autrement ».

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Auberge de Choisel

Ce midi, c’est salade de mâche et betteraves, accras de morue et frites maison. « C’est quand même beaucoup mieux que des frites en barquettes » apprécie Loann. La restauratrice aime jouer le jeu des saisons. La semaine dernière, c’était soupe de légumes en entrée et un peu plus tôt, tomates farcies et clafoutis de mirabelles. Très à l’aise, les jeunes sont un peu ici comme chez eux, n’hésitent pas à débarrasser leurs assiettes, vider les restes éventuels dans le petit seau à compost. C’est l’occasion de vérifier le « gaspillomètre », comparer avec la semaine précédente la quantité des déchets. La restauratrice récupère le pain pour les poules et va bientôt aménager un compost dans son jardin. De son côté, le chef s’organise pour prévoir les bonnes quantités adaptées aux plus jeunes et de manière plus générale, veille à accommoder et cuisiner les matières premières en temps voulu afin d’éviter tout gaspillage.

Un vrai plus pour la vie du village

On sent que pour les enfants, c’est un vrai moment de bien-être et de convivialité. Forcément vers la fin du repas, le taux de décibels gagne quelques points, des enfants restent des enfants. « Mais souvent, les clients apprécient cette jeunesse, notamment les habitants de Choisel qui saluent cette initiative. Certains m’ont même suggéré d’instaurer une table intergénérationnelle » s’amuse Soazig.

Pour elle, « c’est important d’être dans cette mouvance, de participer à la vie du village, ça correspond à l’état d’esprit de ce lieu ». Bien sûr, ce n’est pas sur cette prestation que la restauratrice fait le plus de marge. Mais tout le monde est ravi de jouer le jeu, restauratrice, parents et habitants de Choisel, considérant que le village a tout à y gagner.

Un projet accompagné par la mairie
A Choisel, suite à l’initiative de l’association des parents d’élèves, un petit centre de loisirs du mercredi matin a été créé il y a un peu plus d’un an. La mairie qui a étroitement collaboré au projet, met à disposition un local et alloue une participation financière. Le tarif versé au restaurant est de 8,50 € par enfant et 11 € par adulte. Et comme il n’y a pas par ailleurs pour la commune de charges de personnel, d’entretien ou de chauffage des locaux pour assurer cette restauration du midi, on est sur un rapport qualité/ prix largement compétitif.

Que fait le Parc ?

Pour encourager l’utilisation de produits de qualité ou locaux dans les cantines scolaires, le Parc s’attache à structurer la filière locale de l’alimentation. L’une des clés pour développer ces échanges entre les fermes et producteurs d’une part, et les cantines et lieux de restauration d’autre part, c’est la création d’unités de transformation sur le territoire.
« Nous aimerions que l’initiative d’Aude Corbalan, lauréate du PAT avec Vivante et sa cuisine basée uniquement sur des produits locaux, incite d’autres à suivre ses traces, axés sur un ancrage territorial et une démarche responsable » explique Sandrine Missakian, chargée de mission Développement économique au Parc. Plus ils seront nombreux et plus il deviendra possible de résoudre les problèmes de rentabilité auxquels sont confrontés aujourd’hui ceux qui se tournent vers les produits locaux. Le Parc poursuit son action d’accompagnement et de soutien aux porteurs de projet dans ce domaine.

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