Une prairie reprend vie

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Au coeur du site classé Vallée de Chevreuse, en partenariat avec la propriétaire, le Parc restaure une prairie d’intérêt écologique à Chevreuse. Cette restauration a débuté en janvier 2021 par des travaux de débroussaillement gérés par le PNR, qui poursuivra ensuite sa veille sur le site pendant une période de quinze ans.
 
Article de Sophie Martineaud pour l'Echo du Parc n°86 (mars 2021)
 
Avec la forte diminution de l’élevage dans notre région, un grand nombre de prairies a disparu au cours de la seconde
moitié du XXe siècle. Qui plus est, les pratiques intensives d’agriculture ont été délétères pour la biodiversité, tant végétale qu’animale. Par exemple, l’enrichissement des prairies en azote a été très préjudiciable pour les populations de papillons dont une grande partie a disparu en Ile-de-France. Cette prairie de pente de Talou s’étend sur environ quatre hectares au sein de la vallée de l’Yvette. « Dans un premier temps, l’enjeu est de diversifier le cortège végétal, ce qui permettra alors à la faune de pouvoir s’y installer également » résume Arnaud Bak, chargé d’études
Nature environnement au Parc, responsable du projet. « La réapparition de diverses espèces à fleurs redonnera à cette prairie son rôle nourricier pour nombre d’insectes et chenilles de papillons. »
 
Diverses opérations ont été programmées : débroussaillement, abattage d’arbres, curage de mare, pose de clôture… Pour contrer le reboisement progressif à partir des bordures, il s’agira de réduire une grande partie des fourrés d’épineux, aubépines et prunelliers qui ont envahi la prairie. Ces coupes auront lieu avant le printemps pour éviter les impacts sur la faune notamment les oiseaux. Ailleurs, des essences forestières de plus gros diamètre nécessiteront des travaux d’abattage localisés. L’ensemble des résidus de coupe sera broyé et évacué afin d’appauvrir le sol en matière organique et permettre le retour d’une végétation prairial diversifiée, avec de nombreuses plantes à fleur qui ne supporteraient pas un terrain trop riche en azote.
 
En bas de la prairie, une ancienne mare qui n’était plus entretenue s’est naturellement comblée et sera restaurée pour permettre la reproduction des tritons et grenouilles. Elle servira aussi à abreuver les animaux qui pâtureront la prairie. Un portail de prairie rustique et des clôtures agricoles seront installés. Une bande arborée sera maintenue en bordure de la parcelle pour préserver un corridor de déplacement pour la grande faune.
 
 
Une mare pour les tritons, un corridor pour la grande faune
 
Une fois la prairie restaurée, son entretien sera assuré par un éleveur. Sur la base d’une convention avec le Parc naturel, l’agriculteur s’engagera à suivre des préconisations pour une gestion favorable à la biodiversité : fauche tardive, maintien d’une bande refuge non fauchée, limitation du nombre d’animaux sur la parcelle, repos hivernal de la prairie.
 
Le suivi annuel de la parcelle pourra induire une modification des stratégies de gestion, en fonction de l’évolution du site ou des conditions climatiques. Une telle restauration a bien sûr un intérêt écologique, mais « c’est aussi l’occasion d’impliquer des professionnels du monde agricole et de réintégrer ces parcelles dans le tissu économique de l’agriculture locale » explique le technicien du Parc. Ce mode de gestion pérennise le milieu, et un agriculteur associé à ce type de projet aura tendance à poursuivre cette gestion extensive. « En résumé, c’est une excellente porte d’entrée pour dialoguer avec les éleveurs ou les agriculteurs » constate Arnaud Bak.
 
Faire revivre une prairie
 
Que vous soyez un particulier, une collectivité ou une entreprise, si vous disposez d’une prairie que vous souhaitez valoriser durablement, le Parc est à votre disposition ! Le procédé est entièrement gratuit pour le propriétaire, qui cède la gestion du site au PNR sur une durée de 15-20 ans, sur la base d’un contrat de prêt à usage du terrain signé devant notaire. Dès lors, le Parc prend en main la maîtrise d’ouvrage pour la réalisation des travaux. Au terme du contrat, le propriétaire peut récupérer l’usage de sa parcelle ou reconduire l’opération avec le Parc naturel.
 
Guetter le retour des oiseaux
 
Cette prairie mésophile se caractérise par des sols relativement fertiles et bien drainés. En recréant les conditions de ce milieu, ni très sec, ni très humide, on permet à de nombreuses espèces de le recoloniser.
Un suivi de la faune et de la flore va être mis en place : « Nous allons recréer les meilleures conditions possibles pour que les espèces appréciant ce milieu puissent revenir, par exemple la pie grièche écorcheur, qui recherche la présence de buissons d’épineux pour y construire son nid ou le Tarier pâtre qui se nourrit d’insectes et niche au sol dans l’herbe. ».
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