Mis à jour le 11 janvier 2023
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Préserver les rivières des pollutions de voirie

Comment préserver nos rivières ?

Nous avons aujourd’hui la chance dans le Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse d’avoir de belles rivières comme l’Yvette, la Mauldre ou encore la Rémarde, qui participent à un cadre de vie agréable. Ces rivières sont aussi essentielles pour tous les services qu’elles rendent.

Mais ces rivières et leurs habitants sont aujourd’hui menacés par la pollution, et notamment la pollution des eaux de pluies. En effet, il est souvent ignoré que les eaux pluviales qui tombent en ville, après être passées par des canalisations, finissent directement leur parcours dans la rivière. Les eaux de pluies étant considérées comme « propres », elles ne sont aujourd’hui pas traitées en station d’épuration dans la plupart des communes françaises. Or, quand elles ruissellent sur les trottoirs et la chaussée, les eaux de pluies se chargent en réalité de toute sorte de polluants, à cause des déchets jetés par terre : mégots de cigarettes, sacs plastiques, masques ou encore hydrocarbures ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres.

Ces eaux, chargées de déchets et de polluants, vont rentrer dans les avaloirs, ces petites ouvertures qu’on trouve sur la voirie, destinées à collecter les eaux pluviales. Elles vont ensuite être guidées dans des canalisations souterraines jusqu’à la rivière la plus proche, ou elles seront directement rejetées et viendront détériorer le milieu naturel. La faune et la flore des rivières sont aujourd’hui très touchées par ces pollutions.

Il est donc essentiel de ne rien jeter sur la chaussée et dans les avaloirs. Afin de rappeler cela, une initiative de marquage de ces derniers a été lancée dans plusieurs communes du Parc. Des enfants de différents centres de loisirs ont pu inscrire « Ici commence la rivière. Ne rien jeter » près de différents avaloirs de leur commune, à l’aide du pochoir fourni par le Parc. Plusieurs communes ont fait la demande d’un pochoir au Parc afin de pouvoir continuer l’initiative, et ainsi faire passer le message au plus grand nombre.

Pas tout à l'égout !

Article de l'Echo du Parc n°91 (janvier 2023)

Vous connaissez sans doute le terme de tout-à-l’égout ? Et bien oubliez-le ! Hérité des premiers systèmes d’assainissement du 19e siècle, le principe de collecte unitaire associé à cette expression a été progressivement abandonné depuis une trentaine d’années par les collectivités. Le réseau de collecte des eaux est désormais très majoritairement séparatif dans les communes du Parc. Les eaux sales domestiques partent en station d’épuration, mais les eaux de pluie qui ruissellent sur nos trottoirs et chaussées sont évacuées par les avaloirs et rejetées directement à la rivière. Une raison de plus pour ne rien jeter dans nos rues !

Après l’épidémie de Choléra qui sévit en France, le principe du tout-à-l’égout jusqu’alors optionnel est rendu obligatoire en 1894. Toutes les villes doivent progressivement installer un réseau de canalisations souterraines pour récupérer les eaux pluviales et les eaux usées afin de les rejeter dans la rivière. Les bouches d’égout apparaissent dans les caniveaux et on les assimile dès lors à ce concept moderne de tout-à-l’égout. C’est à l’époque une mesure d’hygiène qui évite que les eaux sales porteuses de bactéries en tout genre stagnent dans les rues, près des lieux de vie.

L’étape suivante au 20e siècle consistera à ne plus rejeter ces eaux souillées directement dans les rivières mais à les traiter au préalable dans les stations d’épuration. C’est une amélioration majeure qui va permettre de préserver les milieux naturels. Les années 60 verront ainsi la multiplication de ces stations d’épuration pour atteindre en 2020 un total de 22 331 stations d’épuration en France.

Pour autant ce système de collecte unitaire va atteindre ses limites. En cas de forte pluie, des charges très importantes d’eau arrivent dans les stations et créent des débordements et des dysfonctionnements. L’augmentation de la population et des habitations nécessite aussi de traiter des volumes toujours plus grands, avec un coût financier proportionnel. L’imperméabilisation des sols due notamment à l’urbanisation, empêche l’eau de s’infiltrer dans le sol et accélère les phénomènes de ruissellement et l’apport en eau de pluie vers les stations.

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Réseau séparatif d'assainissement

De ce constat, est né l’idée de déployer des réseaux différenciés, à la fois dans tous les quartiers neufs mais aussi à l’occasion de travaux de voirie dans les secteurs anciens. Les communes installent des canalisations spécifiques, alimentées par les bouches d’égout sur la chaussée -qu’on appelle également avaloirs. Ces derniers récupèrent les eaux de pluie ruisselant sur les trottoirs et chaussées puis les tuyaux enterrés les acheminent vers la rivière, puisque ces eaux de pluie « propres », sont alors censées être sans danger pour la faune et la flore aquatiques. L’on sait depuis que les eaux pluviales se chargent aussi de pollutions de natures différentes de celle des eaux usées (hydrocarbures, métaux lourd…). Mais désormais, seules les eaux usées collectées à la sortie des habitations et des entreprises sont acheminées dans des canalisations séparées pour être traitées en station d’épuration.

C’est aujourd’hui ce système qui domine dans les 55 communes du Parc. Il reste encore quelques habitations isolées qui sont en assainissement autonome ou quelques centres villes anciens où la création du réseau séparatif n’a pas pu matériellement se faire. Mais très majoritairement, tout ce qui est jeté aujourd’hui dans la rue est emporté par la pluie vers les avaloirs pour finir directement à la rivière. Les personnes qui pensaient encore que tout ce qui filait dans les avaloirs était traité en station d’épuration, aurons compris que maintenant, ce n’est plus le cas : mégots de cigarettes, eaux savonneuses lorsqu’on lave sa voiture, sacs plastiques, restes de peinture ou encore huiles de vidange, sont autant de substances polluantes qui se retrouvent dans la rivière, causent des dommages importants à la faune et la flore, et dégradent la qualité de l’eau. L’écosystème aquatique très sensible à ces pollutions est régulièrement victime de ces négligences. Et l’eau qui est pompée plus loin à l’aval par les usines d’eau potable est de plus en plus difficile et coûteuse à traiter avant d’être réinjectée dans nos robinets. Il est donc essentiel de ne rien jeter sur la chaussée et dans les avaloirs.

Afin de l’expliquer, une initiative de sensibilisation a été lancée dans les communes. Des pochoirs ont été fabriqués par le Parc pour faire un marquage au sol au plus près des avaloirs. Ils ont été mis à disposition des communes qui ont commencé à réaliser ce marquage, certaines en y associant les enfants de centres de loisirs.

Si vous voyez ce motif au sol, ou si vous repensez à l’expression historique tout-à-l’égout, vous pouvez désormais adopter le réflexe « plus-rien-à-l’égout ». ! Vous êtes sûr de ne pas vous tromper...

 

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Chargée d'études Nature Environnement
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