Une seconde vie pour les grandes fermes

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À la fois impressionnantes et secrètes, les grandes fermes qui ponctuent les paysages de nos campagnes et de nos hameaux vivent une seconde jeunesse sous l’impulsion d’artisans qui y installent leur activité.
 
Les vastes espaces cultivés, les pâturages et les multiples élevages justifiaient autrefois ces « forteresses agricoles » qui concentraient et protégeaient cheptel, récoltes, charrettes, fourrages, le fermier et sa famille ainsi que les ouvriers alors nombreux. Aujourd’hui, l’évolution des techniques agricoles et des modes de vie rendent difficile l’utilisation dans leur fonction première de certains bâtiments, voire de fermes entières.
 
Comment dès lors entretenir ces ensembles édifiés entre le Moyen Âge et le XIXe siècle, qui ont marqué profondément
l’identité et l’histoire de notre territoire ? Quelques-unes de ces bâtisses monumentales tombent parfois à l’abandon ou font l’objet de spéculations immobilières qui dénaturent souvent la cohérence architecturale. Des mutations se profilent aujourd’hui dans le respect de cette richesse rurale. Depuis 2009, le Parc travaille à la connaissance et à la préservation de ce patrimoine. Il accompagne et soutient les projets qui offrent une nouvelle vie à ces ensembles singuliers et souvent mal connus.
 
 
Belle vue sur Saint Jean-de-Beauregard
 
Suite au départ à la retraite de l’agriculteur, la municipalité de Saint-Jean-de-Beauregard a acheté la ferme de
Villeziers, convaincue de la valorisation possible de ce patrimoine exceptionnel et de l’importance d’en préserver les caractéristiques architecturales. Située au coeur du principal hameau de cette petite commune, la ferme présente d’imposantes proportions. Un espace clos et ressenti comme inaccessible pour les habitants de Saint-Jean-de-Beauregard : « Seuls les employés y avaient accès ». L’idée de la commune a été d’en faire au contraire un lieu de convivialité ouvert en accueillant des artisans, et si possible en privilégiant des éco-activités. Deux enseignes se sont déjà installées, d’autres sont en projet et quelques locaux sont encore disponibles. L’ancien logis a été transformé en
restaurant : L’Atelier Gourmand de Jean- Michel Delrieu – Maître Cuisinier de France 2009 et une étoile au Michelin six années de suite avec son précédent restaurant –, concentre sa carte sur les produits locaux.
 
Dans les anciennes étables, les râteliers sont devenus des supports décoratifs pour les sacs d’Isabelle Nicolas réalisés à partir de bâches publicitaires et de liner de piscine récupérés et transformés en accessoires de mode. À ses côtés, Isabelle Revéret donne une nouvelle vie aux cartons et les façonne en petits meubles. La société collective des « Zizas », les deux créatrices adeptes du recyclage, se nomme Les Eco-actions.
 
Ferme de Villeziers
 
Respect total pour l’architecture
 
L’installation  n’a nécessité aucune transformation du bâti. Chacun de ces projets s’est parfaitement imbriqué dans les lieux, tels les pièces d’un puzzle. Le Parc accompagne ainsi d’un côté les porteurs de projets et d’un autre les propriétaires (notamment par le biais de sa bourse aux locaux) afin de parvenir à la meilleure adéquation possible entre espaces disponibles et activités souhaitées : bref, la rencontre idéale entre développement économique et préservation du patrimoine !
Ailleurs, d’autres projets sont à l’étude telle une « pension de montgolfières », également lieu de formation au pilotage
d’aérostats. On le voit, les fermes sont toujours dans le vent et ouvertes à plus d’une idée ! 
 
Article de Patrick Blanc pour l'Echo du Parc n°59 (juin 2013)
 
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