Librairies indépendantes

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Le secteur de la librairie est parfois aussi fragile qu’une feuille de papier bible. Depuis 2009, le label LiR (librairie indépendante de référence) offre un coup de pouce aux librairies indépendantes. Dans le Parc, deux établissements ont reçu l’estampille.

Décerné pour une durée de trois ans, le label LiR est attribué par le ministère de la Culture et de la Communication sur la proposition du président du Centre national du livre (CNL).

« Si vous cherchez un livre facile, rationnel, n’achetez surtout pas Monsieur Sapiro, prévient l’équipe de la librairie Liragif sur son blog. Si, au contraire, vous êtes prêts à vous laisser mener par le bout du nez par l’auteur, alors ce roman est pour vous. » À Gif-sur-Yvette, vous n’achèterez jamais un livre par hasard. Aurélia, Hélène, Sasha, Gwen, Adeline et Pierre sont tous des passionnés capables de défendre un auteur pendant des heures. Ils vous conseillent, vous orien­tent, finissent par connaître vos goûts. Ici, quand on achète un livre, la sugges­tion fait partie de la prestation. « À nous six, nous pouvons couvrir l’ensemble des spécialités de notre librairie, explique Pierre Morize. Notre plus gros concurrent est Internet. Nous devons avoir un maximum de références – 25 000, en l’oc­currence – et apporter un plus. Chez nous, c’est être capable de parler de ce que l’on vend. »

Grâce à cette connaissance, la librairie Liragif ne connaît pas les tour­ments de la librairie indépendante qui, avec l’augmentation des ventes en ligne et le développement des grandes surfaces spécialisées, a tendance à perdre des plumes et des feuilles : - 5,4 % de chiffre d’affaires entre 2003 et 2010.

Le label qui donne des ailes

Liragif a reçu le label LiR. Délivré par le ministère de la Culture et de la Communication depuis 2009, ce cachet officiel a pour objectif de « valoriser le travail de sélection, de conseil, d’anima­tion culturelle réalisé par des librairies de qualité, qui jouent un rôle déterminant pour la promotion de la diversité éditoriale et l’animation culturelle des territoires ».

Le label LiR dénombre aujourd’hui en France 538 établissements.

Le réseau de librairies françaises est un des plus denses au monde. Il compte entre 15 000 et 20 000 commerces.
Il permet aussi aux libraires de bénéficier de meilleures conditions commerciales avec certains fournisseurs et d’obtenir parfois des aides du Centre national du livre (CNL). « Ce label est attribué aux librairies qui réalisent au moins 50 % de leur chiffre d’affaires avec la vente au détail de livres neufs, précise Pierre Morize. Cela permet de nous démarquer des boutiques de bonbons qui vendent trois bouquins dans un coin. »

La librairie Labyrinthes, à Rambouillet, a elle aussi reçu l’estampille de qualité en 2010. A Chevreuse, Lydia Moretti-Gleyses a déposé son dossier de labellisation pour Les Racines du Vent : « Pour moi, ce serait une formidable opportunité d’être reconnue mais aussi de baisser mes charges. » En effet, selon la loi de finances du 25 décembre 2007, ce label permet, sous réserve d’une délibéra­tion communale, d’être exonéré de la CET (contribution économique territoriale remplaçant l’ancienne taxe profession­nelle), qui représente environ 1 200 euros par an pour une librairie comme celle de Chevreuse. Est comprise aussi dans le label la prise en charge d’une partie des frais liés à l’animation de la librairie. « Je pourrais inviter davantage d’auteurs, multiplier les animations », prévoit déjà Lydia.

Pour Arnaud Bouaissier de Bernouis, à l’origine de La Fureur de lire ouverte cet été à Montfort-l’Amaury et petite sœur de Bulles d’encre et billes de verre à Houdan, le label LiR est une question de survie : « C’est une référence qui donne aux petites librairies les moyens de faire le poids face aux mastodontes de la librairie et de montrer aux éditeurs notre perti­nence et notre professionnalisme. »

Les aides du Parc pour se maintenir à la page

À ce label, la commission développement économique du Parc y tient. Elle souhaite le promouvoir et sensibiliser les com ­munes à l’option qui leur est donnée d’aider leurs librairies « LiR » par une exonération de la CET. Pour Les Mots apprivoisés, au Mesnil-Saint-Denis, il est trop tard. L’enseigne, installée en 2006, a baissé le rideau, preuve de la situation économique difficile des libraires. Heureusement, tout le monde ne suit pas la même trajectoire. Malgré les chiffres toujours en baisse du secteur, une TVA sur le livre de 7 % (qui devrait être bientôt réduite), une rentabilité moyenne faible (environ 1,5 % du chiffre d’affaires), les libraires du Parc mènent plutôt bien leur barque : « Notre librairie existe depuis 2006, se félicite Pierre Morize, et nous sommes toujours six employés. » « Je fêterai les 5 ans de la librairie en octobre prochain, annonce Lydia Moretti-Gleyses. Contrairement à toutes les prévisions, ma librairie marche bien. J’ai des clients qui me suivent depuis l’ouverture, et le dimanche, il y a un monde fou. » Une brise continue semble souffler sur les librairies indépen­dantes du Parc ; pourvu que ça dure... ¦

Le Parc soutient directement les librairies par l’intermé­diaire du FISAC (Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce). Récemment, La Fureur de lire de Montfort-l’Amaury a reçu des aides du Parc pour son installation. Les Racines du Vent de Chevreuse en avait aussi bénéficié.

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