Licence Professionnelle Marketor

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Les formations « marketing responsable » ne sont plus réservées qu’aux seules écoles de commerce. Depuis la rentrée 2012, l’Université de Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines accueille 22 étudiants en Licence Professionnelle Marketor.

Entretien avec Fanny Morineau, porteur de projet et responsable de la formation :

Pourquoi avoir créé à Saint-Quentin-en-Yvelines une licence professionnelle sur le marketing responsable ?

Ma première idée était de rendre cette discipline accessible à tout étudiant ayant un bac+2 et donc de la proposer dans le cadre de l’université. Tous les étudiants ne peuvent accéder aux écoles de commerce, notamment pour des raisons financières. Ma seconde préoccupation était de proposer une formation courte. Aujourd’hui, le contexte économique incite un certain nombre d’étudiants à choisir des études professionnalisantes. Cette licence permet en un an d’être opérationnel sur le terrain. Cette licence est une première dans l’Hexagone.

Outils de management éthiques, démarche marketing responsable, enjeux de développement durable sont au programme. Concrètement comment ça se passe ?

Les étudiants sont ici en alternance, c’est-à-dire qu’ils suivent pendant une semaine des cours magistraux et des travaux dirigés à l’université, sur le site de Rambouillet. La semaine suivante, ils vont appliquer leurs connaissances en entreprise, au sein d’une collectivité ou d’une autre organisation. Les cours sont assurés par une équipe très éclectique, ce qui fait la richesse de la formation : des universitaires, des professionnels, des artistes...

Les étudiants auront également des missions à mener pour le compte d’entreprises ou de collectivités, que va leur confier le Parc naturel régional ?

Les étudiants vont se pencher sur la problématique des circuits courts, voir comment ils peuvent être optimisés dans le Parc, réfléchir à la mise en place d’une plateforme logistique. Ils vont également identifier les besoins des communes en termes de produits éco-responsables (petites fournitures, produits d’entretien) et coordonner la demande pour réduire les coûts.

Vous avez tissé des liens avec des entreprises pour que leurs dirigeants interviennent au sein de la formation et accueillent vos étudiants en alternance tels que NaturéO, Alter-Eco, la mairie de Rambouillet ou encore Carrefour ; concernant ce dernier, ne craignez-vous pas de favoriser le greenwashing* ?

Former les étudiants à la prise de décision éthique en luttant contre toute pratique de greenwashing, est l’un des axes de la formation. J’y suis très sensible. Pour moi avant de communiquer, il faut passer à l’action. Lorsque nous traitons avec Carrefour, ce n’est pas avec l’entreprise au niveau mondial mais avec les responsables des établissements locaux. Nous connaissons personnellement nos partenaires et nous avons confiance en leurs capacités de changement. L’objectif est d’avancer tous ensemble dans la même direction.

Créer du sens et des valeurs, voilà déjà une dizaine d’années que les entreprises s’inscrivent dans cette
logique. En quoi le marketing responsable d’aujourd’hui est-il différent ?

Le contexte juridique et politique a beaucoup changé, si l’on a longtemps encouragé les entreprises à être responsables, cela va bientôt devenir une contrainte à laquelle plus aucune partie prenante ne pourra échapper. La prise de conscience des citoyens est encore plus forte aujourd’hui et les consommateurs ont de réelles nouvelles
exigences qu’il faut satisfaire. Ces nouveaux aspects sont au coeur de notre formation. Tout comme le soutien de l’emploi local. En donnant aux petites et moyennes entreprises les outils de marketing éthique pour faire évoluer leurs pratiques et se faire connaître, leur pérennité est ainsi davantage assurée. Aussi, je lance un appel aux entreprises du Parc : n’hésitez pas à nous contacter pour accueillir nos étudiants et, pourquoi pas, les embaucher.

Contact

01.30.46.53.46 - www.licence-marketor.uvsq.fr

Article de l'Echo 57 - Hélène BINET

* Le greenwashing, ou "blanchiment écologique", est le mot utilisé communément lorsqu'un message de communication abuse ou utilise à mauvais escient l'argument écologique.

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