Se chauffer au bois

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Bien utiliser son chauffage au boisVous disposez d’un poêle, d’une cheminée, d’une chaudière ou d’un insert ? Vous appréciez une belle flambée mais êtes un peu perdu lors de l’achat de votre bois de chauffage ? Ces guides de l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) vous aideront à faire le tri parmi les différents appareils de chauffage à bois qui existent et la manière de les utiliser. 

Flamme verteSouvent liés à des souvenirs d’enfance de cheminée qui crépite, d’odeur de fumée et de chaleur rayonnante, le chauffage au bois occupe une place particulière dans le cœur de ceux qui le pratiquent. Grâce au label Flamme Verte, résultat d’une coopération entre l’ADEME et les constructeurs d’appareils domestiques, nous disposons de systèmes de plus en plus performants et de moins en moins polluants. Le bois énergie a su se réinventer et est aujourd’hui une opportunité à ne pas négliger si l’on entame une réflexion sur sa consommation d’énergie. De plus avec un prix stable depuis 2010 à 3,6€ du kilowattheure (quand celui du fioul atteint les 5,9€/kWh, le chauffage au bois bûche s’avère être une énergie très concurrentielle. Attention toutefois, tous les combustibles ne se valent pas, et ne valoriseront pas de la même manière les performances de votre appareil ! Quelques éléments sont à vérifier lorsque vous achetez vos bûches.

*Source : Enquête CODA pour ADEME 2016

1) L’humidité

Comme disent nos amis allemands : « un bois vert donne plus de fumée que de chaleur ». L’humidité est un critère primordial à prendre en compte pour essayer de définir la qualité d’une bûche. Pour les combustibles elle doit être à moins de 20% sur masse brute (l’humidité sur masse sèche est utilisée en construction), parce qu’un bois humide flambera moins bien qu’un bois sec et dégagera plus de fumée. C’est autant d’énergie perdue, utilisée pour évaporer l’eau à l’intérieur de la bûche, qui aurait pu servir à la production de chaleur. De plus, un bois vert libère des poussières et imbrûlés gazeux dangereux pour la santé allant à l’encontre de la dimension écologique liée à ce type de chauffage. Le bois de construction est à prohiber, souvent traité sa combustion est véritablement nocive pour les personnes alentours. Un bois à moins de 20% d’humidité est classifié H1, H2 si le taux d’humidité est compris entre 21% et 35% et H3 s’il dépasse les 35%.

Comment mesurer l’humidité de mon bois de chauffage ?

Plusieurs techniques existent :

Le plus fiable, l’humidimètre

Pour un prix minimal de 20€, disponible dans tous les magasins de bricolage, l’humidimètre est un petit appareil composé de 2 électrodes à planter dans la bûche, la valeur affichée représente alors le taux d’humidité de votre bûche. Simple non ? Pas tant que cela, essayez de prendre des mesures à plusieurs endroits de votre bûche souvent les bords extérieurs sont plus secs que le cœur. De plus certains humidimètres sont basés sur masse brute (ceux qui nous intéressent) d’autre sur masse sèche (à proscrire pour le bois de chauffage). Si toutefois vous disposez d’un humidimètre sur masse sèche le tableau suivant vous aidera à réaliser la conversion.

Masse sèche

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Masse brute

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Le plus simple, utilisez vos sens

D’abord la vue, un bois sec sera plus sombre qu’un bois humide et présentera des fentes à ses extrémités. Ensuite le toucher, un bois humide est plus lourd qu’un bois sec du fait de l’eau présente à l’intérieur. Une bûche qui vous semble plus lourde que ce que vous aviez envisagé au premier abord a toutes ses chances de mériter encore un peu de séchage. Et enfin l’ouïe, deux bûches sèches qui s’entrechoquent produiront un bruit plus clair que si elles étaient humides (dans ce cas le bruit est plutôt mat).

Le plus ludique, le produit à vaisselle

Versez un peu de liquide vaisselle à l’extrémité d’une bûche, soufflez par l’autre. Si le produit mousse alors votre bûche est sèche ! De nombreux tutoriels vidéos sont disponibles sur Internet.

2) Les essences

Traditionnellement les essences sont classées en 3 groupes :

Les feuillus durs ou G1, là où est classé le chêne, essence la plus plébiscitée en bois de chauffage. Ce groupe comprend aussi le hêtre et le charme qui valent voire dépassent le chêne en terme de rendement calorifique (PCI : Pouvoir Calorifique Inférieur en kWh/tonne). Ce sont typiquement des bois de braises à utiliser lorsqu’il y a déjà un feu en cours, les bûches de ces essences peuvent brûler pendant plusieurs heures avec un tirage faible, idéal pour un feu qui dure toute la nuit !

Les feuillus moyennement denses ou G2, châtaigner, robinier, merisier et autres fruitiers. Ils flambent plus facilement que les bois du groupe G1 et dégagent beaucoup de chaleur en très peu de temps. Idéales pour allumer un feu ces essences ne sont absolument pas à éviter, surtout si vous avez un appareil à forte inertie thermique ! Néanmoins méfiez-vous lors du stockage elles ont tendance à se dégrader plus rapidement que celles du groupe G1.

Les feuillus tendre et résineux ou G3, douglas, pins, aulne, bouleau, saule . Souvent l’on entend tout et son contraire à propos d’eux. Si vous n’êtes pas un expert évitez d’utiliser des essences de résineux. En effet, elles ont tendance à produire plus de bistre (le dépôt à l’origine des incendies de cheminées) dans les conduits. Les utiliser implique de ramoner plus fréquemment ses conduits. Pour les feuillus tendres ce n’est pas le cas, mais ils ont tendance à se dégrader rapidement.

Le tableau suivant vous permettra de comparer les PCI des différentes essences de feuillus environnantes.

Mesure des caractéristiques des combustibles bois

3) les quantités

Le stère est la mesure utilisée par les commerçants en bois de chauffage, mais vendre en stère est illégal depuis le 31 décembre 1977, la mesure officielle étant le m3 de bois empilé. Un stère est un tas d’un mètre cube de bûche d’1m de long. Lorsque les bûches sont façonnées en bout de 50cm ou 33cm le stère ne fait plus que respectivement 0,8 et 0,7 m3. Cela vient du fait qu’avec des petites bûches il est plus facile de combler le vide qu’il y a entre elles. Le stère n’est donc pas un volume mais un mix entre un volume, un poids et une quantité d’air nécessaire au séchage des bûches. S’il est encore utilisé c’est parce que les commerçants de bois de chauffage ont toujours fait comme cela, et que son prix affiché est plus « attractif » que le prix du m3 empilé. Le schéma suivant vous aidera à faire la conversion stère/m3.

Volume du stère en m3 en fonction de la longueur des bûches.

4) les labels

chauffage bois bucheUn autre indicateur à prendre en compte est la présence ou non de label. Plusieurs labels existent afin de garantir la qualité de votre combustible et son origine.

La certification NF et la marque France bois bûche vous assurent que la quantité, les essences et la longueur des bûches livrées correspond à celle commandées. De plus, elles garantissent un taux d’humidité H1, et vous propose une facture détaillée.

    Petit plus pour la marque France bois bûche qui vous propose un produit d’origine française !

    La certification PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières) garanti que le produit s’inscrit dans une démarche de gestion durable de la forêt. Cette certification est la 1ère dans le monde en termes de surfaces forestières certifiées.

    > Attention toutefois ces labels ne garantissent pas la proximité du bois, renseignez-vous auprès de votre commerçant si vous voulez savoir d’où il vient ! Et gardez à l’esprit qu’un bois neutre pour l’atmosphère doit être consommé à moins de 50 km de son lieu d’abattage.

    5) le stockage

    Le moment où vous commandez votre bois est presque aussi important que le bois que la commande elle-même ! N’hésitez pas à le commander dès la sortie de l’hiver, les commerçants étant en période creuse propose souvent des tarifs avantageux à cette période. De plus, vous aurez un stock au cas où il y ait une soirée d’été plus fraîche que prévue. L’autre avantage est que si le bois que vous avez commandé n’est pas totalement sec il disposera de plusieurs mois pour sécher tranquillement dans votre abri et sera propre à la consommation en hiver. Néanmoins plusieurs règles sont à respecter pour stocker vos stères dans les règles de l’art.

    Ne pas stocker les bûches à même le sol (si elles sont entreposées en extérieur), l’humidité du sol remonte par capillarité ce qui diminue l’efficacité du séchage. Sur le sol posez 2 traverses perpendiculaires aux bûches sur toute la longueur du tas de bois, à l’image de rails de chemins de fer. Cela permet d’éviter que votre combustible ne touche le sol, et en plus cela permet de faire circuler l’air sous les bûches.

    Ne bas bâcher votre tas jusqu’au sol. La condensation issue de l’humidité des bûches est prisonnière, l’air ne circule pas ce qui entraînera un pourrissement prématuré de vos bûches.

    Protéger les bûches de la pluie, grâce à un abri. La tôle présente l’avantage de chauffer avec le soleil. Essayez de choisir un endroit bien exposé à celui-ci et aux vents dominants.

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