Du sel pour déneiger ? Avec modération...

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L’hiver est là et apportera peut-être son lot d’épisodes neigeux. Inévitablement, pour dégager les axes routiers, les saleuses seront de sortie. D’après le Setra -le Service d’Etudes sur les Transports, les Routes et leurs Aménagements-,  chaque année en France, en moyenne 750 000 tonnes de sel sont déversées sur les routes soit 750 kilos par kilomètre…  Et cela n’est pas sans conséquence sur la flore et la faune.

Ca y est, le département des Yvelines est paré : 4000 tonnes de sel sont stockées et 32 saleuses sont prêtes à partir en cas d’épisode neigeux. Les communes et les riverains ont sûrement déjà préparé les pelles et le sac de sel pour déneiger leurs routes et allées…
Si le sel, qui fait fondre la neige en modifiant la température de congélation de l’eau est un outil magique, il peut aussi se transformer en poison. En cause ? Sa composition, à 90% de chlorure de sodium. Son déversement en grande quantité sur le bitume entraîne une réaction chimique : des métaux lourds issus de nos véhicules et présents sur les routes sont libérés. L’eau devenue toxique, ruisselle et pollue notre environnement. Cet excès de sel entraine également une dangereuse déshydratation des arbres et plantes. Elle n’épargne pas non plus les crapauds, tritons et grenouilles particulièrement vulnérables. Chats et chiens sont aussi touchés : le sel brûle leurs coussinets et le mélange d’eau salée polluée par les métaux peut les rendre malades s’ils l’ingèrent.

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Pas de sel, mais quoi alors ?

Plusieurs pays d’Europe du Nord, conscients des dégâts que provoque l’utilisation du sel,         recherchent des alternatives. Des zones dites vulnérables ont été identifiées et pas un grain de sel n’y est déversé. Au Canada et en Suisse, l’utilisation de copeaux de bois imprégnés de sel (3% en masse) diminue drastiquement la quantité de sel épandu et c’est très efficace notamment sur les routes faiblement fréquentées et les chemins piéton.  
La France, de son côté, accuse un retard sur le sujet. Même s’il y a eu des progrès en termes d’équipement de déneigement, le Setra estime encore que 20 à 40% du sel déversé par les saleuses file directement sur le bas côté de la chaussée. Depuis quelques années, des projets innovants émergent pour trouver un nouveau substitut au sel, comme par exemple les voies chauffantes : on récupére la chaleur des réseaux souterrains ou bien on alimente le système avec des énergies renouvelables. La société Eurovia expérimente cette solution depuis un an au péage de Saint-Arnoult en Yvelines. Mais ces alternatives sont encore trop peu développées.
Reste donc à chacun de faire preuve de bon sens... Racler la neige sur les allées et trottoirs le plus tôt possible. Ne pas mettre de sel préventif, cela n’a aucun effet. Lors d’épisode neigeux, limiter ses déplacements et privilégier le télétravail en attendant que les routes soient dégagées. Et penser à équiper sa voiture de pneus neige pour pouvoir circuler en limitant les risques de glissades.

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