Comment limiter les inondations ?

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Quand la pluie s’abat sur tout un bassin versant, incessante, torrentielle, même les grenouilles ne sont plus à la fête… Les inondations sont considérées parmi les pires catastrophes naturelles, nous venons de le mesurer suite à la nuit du 30 au 31 mai 2016. Il existe néanmoins quelques solutions pour limiter les dégâts.
 
Inondations La station météorologique de Trappes enregistre en moyenne mensuelle 63,9 mm d’eau. Les pluies fin mai 2016 ont
fait grimper la jauge à 193 mm, dont 66 mm la seule nuit du 30 au 31 mai. Huit jours avant, un seuil critique avait déjà été atteint. Éponges naturelles, les sols, les rivières, les étangs saturés d’eau ne pouvaient en absorber davantage. Alors le précieux liquide s’en est allé dévaler les pentes, se faufiler dans les rues, franchir murs, portails, jardins… portes d’entrée et s’est engouffré dans des bâtisses et des ouvrages qu’il a saccagés.
 
Était-ce la crue centennale tant redoutée ? Après cet épisode exceptionnel, sera-t-on épargné pendant les 50 ou 100 prochaines années ?… Rien de moins sûr, désolé. Une seule chose est certaine : aucun phénomène de la sorte n’avait été enregistré dans la région depuis qu’ont été installées des stations de mesure, c’est-à-dire depuis les années 1950. Un niveau de débit centennal signifie que la probabilité statistique qu’il se produise est de 1 % chaque année. Mais rien n’empêche que l’événement réapparaisse deux fois de suite, ce n’est qu’une statistique…
 
Comment agir ?
 
Un phénomène naturel comme celui que l’on a subi ne peut être enrayé mais tout au moins peut-on essayer de limiter les dommages. Le Parc y travaille depuis longtemps.
  • En favorisant le développement, la restauration et l’extension de zones humides et de prairies en lisière des cours d’eau, celles-ci permettent d’absorber en partie l’expansion des rivières.
  • En replaçant le cours naturel des cours d’eau en fond de vallée pour leur redonner leur capacité de débordement en zone naturelle.
  • En limitant fortement la consommation d’espaces naturels, en particulier humides, par l’urbanisation (à travers son plan de Parc opposable au PLU de chaque commune).
  • En conseillant aux habitants d’éviter d’imperméabiliser trop de sols (allées privées notamment).
  • En recommandant de récupérer l’eau de pluie dans des réservoirs conséquents, utile aux usages du jardinage, mais qu’il faut vider à l’annonce d’une alerte météo.
  • En conseillant aux communes tout moyen de rétention des eaux dans les quartiers urbanisés (canalisations réservoirs, revêtements perméables, espaces verts submersibles, etc.).
  • En encourageant la création de mares.
  • En surveillant et en entretenant les cours d’eau du territoire.

Inondations

À cet effet, Maxime Rocher, garde-rivière du Parc est quotidiennement au chevet des rivières. Chaque jour il sensibilise les riverains à une bonne gestion de la rivière mais aussi aux risques de pollution. Il prescrit les travaux à faire sur les cours d’eau et leurs abords, il réalise lui-même les plus courants et recourt à des entreprises pour les plus gros. Par exemple si des embâcles peuvent être bénéfiques en zones naturelles, favorisant le débordement dans les fonds de vallées inhabités, il est nécessaire au contraire de dégager les berges et le lit du moindre ruisseau à proximité des routes, des ponts et des habitats.
 
Mesures salutaires
 
Depuis 2003 en France, un Programme d’action de prévention des inondations (PAPI) engage les collectivités à mettre en oeuvre des mesures de sécurité, à la fois localement et globalement : aide au recensement des risques, à l’analyse des dispositifs existants, aux travaux à mener…
Clore son jardin de murs profondément ancrés et étanches peut revenir à le transformer en une dangereuse piscine en cas de très fortes averses, comme cela a été le cas chez certains propriétaires dont l’habitat n’aurait pas dû être inondé si des trous d’écoulement avaient été pratiqués au pied du mur de clôture. Construire sur le lit naturel d’une rivière déviée dans le passé pour divers besoins (moulin, route…) est désormais proscrit. Mais des habitats ont été implantés sur de telles zones, des occupants l’ont découvert à leur dépens…
 
Communes et habitants sont ainsi invités à contribuer par des gestes et des choix à la protection des personnes et des biens. C’est la somme de toutes ces actions et précautions qui conduiront à diminuer les risques d’accident. 
 
 
Le Parc lance un observatoire participatif des pluies journalières sur l’ensemble de son territoire pour faire le lien entre les pluies et la réaction des rivières. Si vous avez un pluviomètre dans votre jardin, vous pouvez contribuer à la récolte de ces données.
 
 
Afin de dresser un bilan exhaustif de ces évènements et de garder la mémoire de ces inondations dans les projets d’aménagement futurs, le Parc fait appel à tous ceux qui ont pris des photos entre le 31 mai et le 2 juin 2016. 
 
 
Plus d’aménagements rustiques et « naturels » pour moins de ruissellements
 
Mares de plateau, haies, fossés à redents et autres talus pour capter, infiltrer l’eau en amont et retarder l’écoulement.
Sur les territoires agricoles, naturels et forestiers, le Parc préconise de créer des mares, des haies, fossés à redents et talus de type rustique sur le trajet des principales voies d’eau de ruissellement. « Le principe, explique François Hardy, chargé de mission Environnement, est de retenir ou ralentir les eaux de ruissellement au plus près de leur source, bien avant qu’elles ne se forment en torrent et ne viennent gonfler les rivières en fond de vallée. Dans la plaine de la Madeleine, nous avons finalisé en 2014 la création en rebord de plateau d’une très grande mare qui recueille les eaux de ruissellement agricole. La situation du terrain acheté par la commune de Milon-la-Chapelle est idéale : relié naturellement à d’anciennes petites carrières qui retiennent les eaux de pluie, il les capte tel un entonnoir avant qu’elles ne dévalent en fond de vallée. Depuis que le Parc à créé cette mare, en contrebas, à Milon-la-Chapelle, des maisons habituellement inondées lors de fortes pluies, ne le sont plus. Un projet similaire a été conduit à Senlisse. »
 
Article de Patrick Blanc pour l'Echo du Parc n°72 (septembre 2016)
 

 

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