Mon potager fin prêt pour le printemps

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Le printemps est bientôt là. Vous rêvez de retourner cultiver votre potager ou d’en créer un pour la première fois ? A vos paillages, engrais verts et autres grelinettes ! Voici les conseils d’un professionnel pour bien démarrer et mettre toutes les chances de votre côté.
 
Article de Sophie Martineaud pour l'Echo du Parc n°86 (mars 2021)
 
Nous avons demandé à Pierre-Alain Cordier, formateur en horticulture de nous décrire les étapes-clés du potager au naturel, tel qu’il le pratique. L’essentiel est tout d’abord de créer le dessin de votre potager. On commence par définir ses planches de culture qui sont des bandes de terre cultivées, pas trop larges pour un accès facile et que l’on peut travailler sans se faire mal au dos. On trace ses allées de circulation, environ 50 cm de large, en y grattant la terre sur 30 cm de profondeur. On rabat cette terre sur les planches ce qui permet de les butter légèrement. Puis on comble les allées avec des copeaux de bois, qui vont maintenir la vie et l’humidité du sol. L’année suivante, ces copeaux décomposés pourront à nouveau être grattés et déposés sur les planches de culture, ce qui augmentera sa fertilité.
 
« Une autre étape clé est de connaître sa terre.» Dans la région, elle sera souvent argileuse ou sableuse. Pour le savoir, on prélève une grosse motte de terre humide, on la roule comme un boudin entre ses mains : s’il est collant, c’est que la terre est argileuse, s’il s’effrite, c’est qu’elle est sableuse. En cas de terre argileuse, le sol gorgé d’eau en hiver, se tasse et reste froid plus longtemps. Il faut donc lui laisser le temps de se réchauffer avant de commencer à semer et planter. En revanche, il garde mieux les nutriments et restera humide en été plus longtemps. Une terre sableuse
quant à elle, se réchauffe plus rapidement et peut être semée ou plantée plus tôt, mais elle aura tendance à perdre ses nutriments plus vite et il faudra la fertiliser plus souvent.
 
Une terre en bonne santé
 
Principe inspiré de la nature, on ne laisse jamais son sol à nu ! L’hiver par exemple, on épand de la matière organique, paille, foin, feuilles mortes, Bois Raméal Fragmenté ou broyat. « Cette matière organique en surface attire les vers, les larves, les bactéries et les insectes qui vont la décomposer et enrichir la terre.» Ce tapis couvre le sol, le protège du gel et lui évite de se tasser avec les pluies hivernales. Lorsque les températures remontent, on écarte un peu le paillage pour laisser le sol se réchauffer. Lorsque l’on a planté ses légumes, on recouvre à nouveau le sol avec le paillage pour empêcher la pousse des herbes indésirables et maintenir l’humidité de la terre.
 
 
Une autre méthode pour fertiliser son sol l’hiver est de semer à l’automne un engrais vert, comme la moutarde ou la phacélie, très efficaces pour ameublir les sols et leur offrir un bon apport en azote. Au printemps, on fauche cet engrais vert à la base et on laisse sur-place les racines qui continuent à rejeter de l’azote en se décomposant. Puis on aère le sol à la grelinette* pour casser les mottes, sans retourner la terre et perturber la vie du sol. « Tout ce qui met de la vie au jardin est bienvenu ».
 
Un désordre organisé
 
Avant de mettre en terre, il faut établir son plan de potager. Si autrefois, les planches de légumes bien ordonnées faisaient l’admiration des jardiniers, aujourd’hui on privilégie davantage les associations de plants et les rotations car ce compagnonnage augmente la fertilité. Chaque famille de légumes a des besoins variables en nutriments ou en lumière. En rapprochant des plantes à besoins complémentaires, on épuise moins le sol. Le fait d’éviter les concentrations de plantes identiques est un atout pour limiter les dégâts des prédateurs ou des maladies.
 
Pour savoir quels légumes peuvent être combinés et quels voisinages sont à éviter, vous pouvez vous procurer un livre sur les associations de plantes ou rechercher sur internet. Vous y trouverez les besoins de chaque légume pour réaliser votre propre composition ou bien des plans déjà établis, pour vous lancer directement dans la pratique. «La grande leçon à tirer du potager est la patience et l’observation.» Accuser 10% de pertes, c’est normal, on partage avec l’environnement naturel. Néanmoins, pour limiter les attaques d’insectes ou autres, on laisse quelques zones d’herbes hautes dans son jardin, ou encore des tas de bois qui attirent certains insectes. Il faut préserver un écosystème qui attirera les prédateurs des insectes trop gourmands. Plus il y aura de biodiversité dans votre jardin, et
mieux votre potager s’en portera.
 
* grelinette : sorte de fourche bèche qui par effet de levier ameublit la terre sans la retrouner.
 
Produisez votre BRF
 
A Senlisse, la Petite Ferme des Prés de Garne est un ancien souaton ou ferme à partage. François Petit a voulu faire revivre cette tradition agricole du Hurepoix. Deux fois par an, il met son broyeur à disposition des habitants, qui peuvent s’ils le désirent, repartir avec leur BRF en échange d’un coup de main ou le laisser sur place. Un bon moyen de fabriquer son BRF à bon compte.
 
S'adapter aux épisodes de sécheresse
 
Les sécheresses ne sont plus un phénomène rare. Le jardinier avisé doit s’adapter à cette évolution de notre climat. On a déjà parlé du paillage pour limiter l’évaporation. L’autre technique très utile pour garder la terre humide et limiter l’arrosage, c’est le pot de terre enterré appelé Oyas. A placer à intervalle régulier si vous voulez offrir ses bienfaits à tout le potager ou uniquement au pied des plantes ou arbres les plus sensibles à la sécheresse.

 

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