Investir dans les énergies locales

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Article d'Hélène BINET pour l'Echo du Parc n°71 (juin 2016)
 
C’est fou comme les initiatives citoyennes ont le vent en poupe en ce moment. À Saint-Quentin-en-Yvelines, l’association EnerCitY78 rassemble les énergies locales pour créer une coopérative de production d’électricité durable.
 
« Tout a commencé en juin dernier au festival Alternatiba, raconte Aurélie Carlier. Une poignée d’habitants s’est retrouvée autour de l’envie de créer sa propre énergie, durable et locale, de monter ainsi la première coopérative de production d’énergies renouvelables en Ile-de-France et d’offrir aux citoyens la possibilité de contribuer à la transition énergétique. » Si l’idée est inédite dans la région parisienne, ailleurs la pratique est courante.
 
En Allemagne, 50 % de l’électricité d’origine renouvelable est produite par des installations coopératives associant les collectivités et les citoyens, produisent ainsi 1/6e de la demande électrique du pays. Au Danemark, le tout nouveau projet éolien doit réserver 20 % de son capital aux habitants locaux. À Hambourg, les habitants ont même voté le rachat du réseau électrique par la municipalité. En France, Bégawatts a ouvert le bal en Bretagne, créant le premier parc éolien citoyen de France, porté par plus de 1 000 contributeurs. Dans les Vosges, quelques passionnés réhabilitent les centrales hydrauliques laissées à l’abandon, pour reprendre la production d’une électricité locale et propre… Un peu partout, on trouve des étincelles de projets.
 
TOIT + MOI + NOUS
 
À Saint-Quentin, les choses avancent. « Après plusieurs mois de réunions et de cogitations, à l’automne dernier, nous avons créé officiellement l’association qui portera le projet, explique Aurélie. Aujourd’hui EnerCitY78 réunit déjà une trentaine de personnes motivées et compétentes et 80 personnes suivent notre projet. » EnerCitY78 va concrétiser un premier projet : l’installation de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments municipaux de la ville de La Verrière. L’association souhaiterait que des particuliers mettent à disposition d’autres toits, d’une surface de 60 m2. À cette taille, c’est particulièrement rentable. Les panneaux fournissent une puissance de 9 kW crête, soit une production d’énergie capable d’alimenter 3 foyers (hors chauffage et eau chaude). Les propriétaires qui prêtent leur toit signent un contrat avec la coopérative et reçoivent une contrepartie financière.
 
« Pour un rendement optimal, il faut des toitures plein Sud orientées à 45° ou avoir des toits terrasse avec des panneaux inclinés surimposés », précise Olivier Berland, animateur Ile-de-France d’Énergie Partagée (créée en 2010 pour soutenir et participer au financement de projets citoyens d’énergie renouvelable). Le montage financier de l’association prévoit que l’électricité produite sera injectée dans le réseau électrique, créera des revenus estimés à 9900 € par an qui permettront de rembourser l’investissement initial de 145 000 €. « Les souscripteurs seront remboursés de leur capital et percevront aussi des intérêts de l’ordre de 3 %, soit bien plus qu’un livret A. » explique Aurélie Carlier. Toute cette mécanique est accompagnée par Énergie Partagée. L’organisme collecte en ligne l’épargne des citoyens pour la redistribuer vers des projets qui en ont besoin.
 
« L’étape suivante sera d’essaimer ce type de projet et de créer d’autres unités de production d’énergie renouvelable en Île-de-France, à commencer par le Parc naturel régional de la Haute vallée de Chevreuse, » s’enthousiasme Aurélie. Pour l’heure, l’association recherche deux choses : des toits pour accueillir des panneaux photovoltaïques et des particuliers intéressés pour rejoindre cette belle initiative citoyenne et prendre des parts financières dans le projet. Et vous, qu’en dites-vous ? 
 
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