Nos chemins, un patrimoine à faire vivre

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Depuis sa création, le Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse a fait du développement de la randonnée, l'un de ses axes prioritaires. Toujours en alerte sur les chemins, le Parc se veut plus que jamais acteur dans ce domaine et lance l'outil numérique rando.pnr-idf.fr avec les trois autres Parcs de l'Ile-deFrance.
 
Article de Sophie Martineaud pour l'Echo du Parc n°80 (mai 2019)
 
Vous en connaissez certainement quelques-uns. Balisés en bleu et blanc, les itinéraires de randonnee du Parc à la journée ou à la demi-journée, son identifiables à leurs panneaux de départ, poteaux fléchés, panneaux patrimoine répondant à une charte graphique spécifique, tant pour la forme que pour le contenu. "Aujourd'hui, nous travaillons à développer de nouveaux itinéraires dans les communes qui ont intégré le Parc en 2011", explique Baptiste Perrin, chargé des chemins et des liaisons douces. Par exemple, trois boucles à Sonchamp sont en cours de finalisation. "Nous souhaitons créer de nouvelles boucles à Bazoches-sur-Guyonne autour de la maison Jean Monnet, aux Moliéres ou encore vers les étangs de Hollande et le secteur de Gambais el de Gambaiseuil", précise Baptiste Perrin.
 
Inventaire, entretien et accompagnement
 
L'une des missions du Parc est d'inventorier les chemins existants et leurs points d'intérêt. Il aide les collectivités à mettre en place et développer des boucles de randonnée intéressantes sur le plan naturel, environnemental, patrimonial ou culturel. Et comme il sillonne régulièrement les chemins, il signale les anomalies aux communes. Généralement, le Parc se charge des balises et du mobilier. Parfois, il s'avère nécessaire de réouvrir un sentier, nécessitant l'intervention d'entreprises pour l'élagage, le débroussaillage ou la réfection de l'emprise du chemin. Ces travaux sont à la charge de la commune ou de l'intercommunalité, avec possibilité de subvention du Parc à hauteur de 50 ou 80 %, plafonnée à 45 000 €. Ainsi, cette aide a permis la restauration et la réouverture au public de la sente rurale n° 5 à Choisel, connexion piétonne entre le château de Breteuil et le hameau de la Ferté.
 
Le Parc peut fournir aux communes des préconisations : amélioration d'un sentier, choix de revêtement, rédaction du cahier des charges ou d'un appel d'offres, montage d'un dossier tethnique et estimation des coûts. "Les communes ne
pensent pas toujours à faire appel au Parc dans ce domaine, nous pouvons les aider dès la phase d'étude", souligne Baptiste Perrin.
 
Un patrimoine à protéger
 
Tous les chemins n'ont pas le même statut et  les mêmes contraintes. La voirie publique se partage entre routes et chemins qui sont inaliénables, ouverts au public avec obligation d'entretien par la commune (ou le département pour les RD). Ensuite, les sentes et chemins ruraux, non classés comme voies communales, font partie du domaine privé de la commune, mais sont affectés à la circulation publique. "Nous incitons les communes à prendre des arrêtés municipaux pour interdire l'accès des chemins, notamment balisés, aux véhicules à moteur," précise Baptiste. Pour garantir son application, l'arrêté devra être accompagnê d'un panneau d'interdiction à l'entrée du chemin et si possible, d'une barrière. Il existe également les chemins privés, par définition interdits au public mais pas toujours identifiés sur le terrain. Il se peut alors que vous ayez déjà empruntés ces chemins durant vos balades sans le savoir. Enfin, en forêt domaniale, les voies forestières sont propriété de l'Etat.
 
Depuis les années 1950, on sait qu'environ 50% des chemins ruraux ont disparu. Fort de ce constat, les départements des Yvelines et de l'Essonne ont adopté leur PDIPR (Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et Randonnée), recensant et protégeant juridiquement les itinéraires de promenade et randonnée.
 
Chaque commune est vigilante à preserver ses chemins ruraux, ce maillage qui fait partie de son histoire est un précieux patrimoine. Actuellement, le Parc fait l'inventaire des chemins ruraux de toutes les communes afin de les intégrer dans sa base de données cartographiques.
 
QUAND LES CHEMINS RACONTENT DES HISTOIRES
 
Les chemins ruraux figurent souvent dans des inventaires établis au XIXème siêcle. Depuis, nombre de communes ont réactualisé ce recensement de leurs sentiers, afin de mieux les connaître et les protéger. L'occasion de retrouver des noms amusants ou instructifs.
 
Ainsi, à Bullion, la tradition orale garde le souvenir du chemin de l'Ecorche-Cul (l'actuel CR 1) rappelant qu'autrefois en lieu et place de toilettes, on s'installait au fond du jardin sous les ronciers. Quant au chemin des Pissettes, il fait plutôt allusion au petit ruisseau qui s'écoule il proximité. A Clairefontaine, on connaît le chemin des Bonnes Femmes, qui fut sans doute emprunté par les soeurs de l'abbaye de Saint-Rémy des landes pour rejoindre le village. Quant au chemin des Frémillons, on sait qu'autrefois, c'était un repaire de fourmis.
 
Enfin, la rue du Salfessier à la Celle-les-Bordes, pourrait faire référence à l'un des tanneurs du village qui avait pour coutume de s'essuyer les mains sur son postérieur.
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