Préconisations d'urbanisme

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Maîtriser l’évolution des espaces urbanisés, développer la mixité des logements, favoriser la qualité architecturale et paysagère, adaptée au territoire du Parc sont prioritaires.
 
Territoire à proximité de l’agglomération parisienne, le Parc naturel régional de la Haute Valléede Chevreuse a connu, depuis la moitié du 20ème siècle, une consommation importante des espaces naturels et agricoles par un étalement de l’urbanisation.
Le Parc a initié, depuis sa création, une politique forte sur la préservation des terres agricoles et des milieux naturels face à cette urbanisation exogène, sur la maîtrise de l’évolution des espaces urbanisés et sur la densification du tissu urbain.
Cette politique s’appuie sur une volonté d’inventer une autre manière d’urbaniser, plus économe en espace et plus conviviale, mais également d’inciter à construire en harmonie avec la nature, les paysages, les particularités et les ressources du territoire.
 
Objectifs attendus de cette politique :
  • économiser l’espace et préserver les terres agricoles,
  • favoriser la mixité sociale et la mixité habitat/activités,
  • favoriser un urbanisme de qualité, écologique et durable,
  • conforter un cadre de vie de qualité,
  • éviter la banalisation des paysages,
  • s’inscrire dans une logique de développement durable.
Aussi, le Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse agit pour un développement urbain maîtrisé en privilégiant la qualité du cadre de vie pour ses habitants, mais également en confortant l’identité des communes du Parc.
 
Le rôle du Parc est aujourd'hui de veiller à la qualité du territoire et d'accompagner un développement maîtrisé.
Cet aménagement du territoire passe par plusieurs principes directeurs :
  • Préserver la qualité des paysages, reconquérir des espaces agricoles ouverts et accompagner leur évolution en tenant compte des attentes des habitants,
  • Inventer une autre manière d'urbaniser plus économe en espace et plus conviviale que les lotissements qui banalisent le paysage,
  • Inciter à construire en harmonie avec la nature, les paysages, les particularités et ressources du territoire (eau, énergie, ensoleillement, pente, patrimoines...)

vue aerienne mere

Urbanisme de précision
Article Echo du Parc 58, Hélène Binet
 
Préserver les espaces naturels tout en répondant à la demande de nouveaux logements, dans le Parc naturel, l’urbanisme est une mission d’équilibriste. Avec le soutien du Parc, les communes expérimentent au quotidien la meilleure façon de construire en s’adaptant aux particularités du territoire.
 
Ce n’est pas nouveau, depuis sa création en 1985, le Parc affiche toujours le même engagement : limiter la consommation de l’espace pour aboutir à un urbanisme de qualité, adapté au territoire. Dans la Charte et le plan de Parc, cela se traduit par l’esquisse d’enveloppes urbaines (des zones où l’on peut construire) dans lesquelles des seuils de densité minimale ont été fixés. Ces « poches de construction » limitent ainsi les possibilités d’extension tous azimuts et invitent à réfléchir à de nouvelles façons de développer les villes et les villages. Car il ne s’agit ni de figer les constructions ni de faire fi des enjeux d’accès au logement particulièrement cruciaux en Île-de- France, mais d’agir dans la nuance. Environ 700 logements peuvent ainsi être construits chaque année sur l’ensemble des 51 communes dès lors qu’elles respectent les règles de l’urbanisme endogène, « l’art de construire à l’intérieur du tissu  urbain ».
 
Le contraire de l’étalement urbain en quelque sorte. Le concept repose sur une économie stricte du foncier, une optimisation des terrains disponibles et la recherche d’une plus grande densité et d’une qualité des opérations. L’urbanisme endogène privilégie ainsi des constructions à échelle réduite qui respectent les formes bâties traditionnelles et s'en inspirent, et prend aussi en compte la manière dont ces entités se sont développées dans le temps. Selon la morphologie de la commune, son histoire et ses enjeux, les réponses prendront chaque fois des formes différentes. Ici, on répondra aux besoins de mixité en réhabilitant le patrimoine communal pour en faire de petites unités de logements sociaux : le presbytère de Saint-Lambert-des-Bois, la maison de garde-barrière à Bonnelles... Plus loin, on travaillera sur les espaces publics pour recréer du lien social, comme à Cernay-la-Ville où l’atelier d’urbanisme a participé au nouvel aménagement plus convivial de la place du village. Dans d’autres communes, on encouragera les projets d’éco construction, d’écoquartiers, l’innovation urbaine et architecturale...
 
Le salut des pavillons
On testera aussi de nouvelles façons d’impliquer les habitants. La dernière expérience en date s’appelle BIMBY, Build in my backyard (construire dans mon jardin), et s’avère plutôt prometteuse. Ce projet initié sur plusieurs territoires pilotes, dont le Parc, part du constat suivant : si l’on parvient à mobiliser les terrains des pavillons existants, on pourra alors réaliser le renouvellement et la densification progressive des lotissements. En gros, si en France un propriétaire sur cent décide chaque année de céder une partie de son terrain, ce sont 190 000 logements annuels qui peuvent voir le jour sans étalement urbain. De quoi répondre à la demande de logements actuelle sans avoir à grignoter sur les espaces naturels. Le dispositif comprend une phase de concertation avec les habitants, mais aussi l’accompagnement des projets par des architectes pour qu’ils puissent se greffer intelligemment dans le tissu urbain existant. Un volet du projet porte également sur l’adaptation des dispositions réglementaires pour rendre compatible la démarche avec le plan local d'urbanisme. Dans le Parc, où les lotissements sont légion et les propriétaires majoritaires (74 %), le dispositif semble sur mesure.
occupation parcelle densification
 
« La question de la maîtrise de l’étalement urbain et de la diversification de l’offre de logements est au coeur de la nouvelle Charte du Parc, explique le Président Yves Vandewalle. Subissant fortement la pression de l’agglomération parisienne, le territoire du Parc doit expérimenter des solutions adaptées et innovantes pour préserver ses paysages et ses patrimoines remarquables, tout en répondant à des besoins en termes de logements, d’activités, d’équipements. La démarche BIMBY peut devenir l’une de ces solutions et nous intéresse particulièrement parce qu’elle aborde la densification des tissus pavillonnaires par une entrée inédite, celle des habitants, et qu’elle propose d’inventer avec eux un projet pour ces espaces répondant à la fois à leurs attentes et à l’intérêt général. »
 
Aujourd’hui, déjà trois communes font partie de l’expérience, les Essarts-le-Roi, Le Tremblay-sur-Mauldre et Cernay-la-Ville mais la pratique pourrait bientôt s’étendre à d’autres communes.
 
 
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