PLU : la concertation plaît aux habitants

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Un Plan local d’urbanisme (PLU), document de planification de l’urbanisme communal ou intercommunal, se prépare dans la concertation, avec les habitants. Cette concertation se pratique également de plus en plus lorsqu’une commune réfléchit à l’aménagement d’un nouveau quartier. Retour sur plusieurs formules originales et productives déployées par des communes du Parc.
 
Se doter d’un nouveau Plan local d’urbanisme communal ou intercommunal, c’est imaginer le devenir du territoire pour 10 à 15 ans, préciser les consignes de construction en veillant à maintenir un équilibre entre d’une part les besoins futurs en matière d’habitat, d’équipement, de déplacement ou d’activité économique et d’autre part le respect du patrimoine bâti et naturel, des paysages.
Un minimum de concertation est demandé par le code de l’urbanisme : réunions publiques, lettres d’information, registre en mairie. Mais rien n’empêche d’aller plus loin ! Au Mesnil-Saint-Denis par exemple, le coup d’envoi de la concertation publique a été donné par deux balades urbaines.
 
PLU
 
Allons voir notre village au fil de ses rues
 
Sillonner les rues de la commune avec les habitants pour débattre de l’avenir de son urbanisme est certainement l’un des meilleurs moyens pour parler d’aménagement d’espaces. L’occasion de se rendre compte de visu des possibilités – ou impossibilités- de telle ou telle idée ou projet de construction, de constater la pertinence d’un espace disponible, d’observer des dysfonctionnements… Cette balade ouverte à tous a réuni quelque 70 habitants fin juin 2015. À leurs côtés, des élus bien sûr, et deux urbanistes du bureau d’études qui accompagne la commune tout au long de la procédure du PLU.
 
Dès les premiers pas, les échanges sont enrichissants. Des haltes devant les espaces en devenir ponctuent l’itinéraire. Une lecture du paysage est proposée : type d’aménagement ou d’habitat, historique du quartier, contraintes, qualités paysagères, défauts et évolutions possibles. Des hypothèses sont suggérées invitant au débat. Chacun peut prendre la parole, exprimer son ressenti, ses inquiétudes, livrer ses observations. La densification est le sujet qui revient dans toutes les bouches. « On n’est pas obligé de densifier les quartiers bien équilibrés », rassure l’urbaniste Bruno Schmit. Une habitante redoute l’accroissement de circulation, un autre évoque les difficultés de stationnement. On parle largeur de trottoir, nécessité de créer davantage de liaisons douces et de pistes cyclables entre les quartiers résidentiels, les commerces, la gare de La Verrière…
 
« Le thème de la circulation fera l’objet de concertations et d’un atelier participatif », propose Évelyne Aubert, Maire de la commune. La balade permet de prendre le temps d’observer, voire de découvrir certains aspects méconnus. Quel lien trouver entre des espaces très différents ? Comment préserver le petit patrimoine ou le caractère boisé de tel secteur ? Saura-t-on être innovant comme ce quartier l’a été à son origine ?
 
Des habitants reconnaissent devant une architecture récente et bioclimatique qu’elle est plus agréable dans le paysage que certaines constructions du milieu du XXe siècle. Tous tiennent à préserver les murs en meulière, ils contribuent au cachet du centre bourg. Autant de questions et réflexions qui esquissent ce que sera la ville demain.
 
Participation PLU
 
D’autres communes du Parc ont initié de nouvelles formes de concertation dans le cadre de leur PLU. Des ateliers-débats avec les habitants sont parfois proposés. Cela permet à ceux-ci de participer à la construction du projet mais également au diagnostic du territoire, base de travail essentielle du PLU. Ainsi les habitants peuvent enrichir les inventaires patrimoniaux. Ils signalent les arbres remarquables, les murs anciens à conserver… bref ce qui fait aussi la qualité urbaine et paysagère des bourgs et hameaux. Lors d’ateliers, des habitants ont souvent mentionné le manque de liaisons piétonnes pour les déplacements du quotidien dans leur village. Cette attente, au départ peu développée, a pu déboucher sur une réflexion approfondie et des outils pour développer de nouvelles liaisons douces.
 
Dessine-moi ma commune
 
À Gif-sur-Yvette, le Café Urba’ proposé par le Parc a convié élus, agents des collectivités et un panel d’habitants à prendre de la hauteur pour observer leur vallée. L’objectif : aborder les questions d’urbanisme sur le terrain dans un moment de convivialité. « Arrivés au belvédère qui surplombe le chemin de la plaine, explique Jennifer Bureau, chargée de mission urbanisme au Parc, tous ont été invités à dessiner ce qu’ils voyaient pour ensuite croiser les regards et débattre des enjeux de ce territoire. Cette situation inattendue (personne n’était prévenu !) les a désinhibés, elle a aidé chacun à mieux exprimer ce qu’il veut ou ne veut pas sur sa propre commune et à saisir les enjeux du PLU. On pourrait imaginer ailleurs d’autres démarches autour de maquettes, de jeux de rôles… »
 
À Poigny-la-Forêt, les enfants de l’école ont participé au diagnostic de leur commune en réalisant une bande dessinée mêlant photos et bulles. Un moyen efficace pour sensibiliser enfants et parents !
 
Architectes en résidence
 
Pour réfléchir à la construction d’un nouveau quartier ou d’une nouvelle opération de logements, la concertation participative est aussi de plus en plus utilisée.
 
Hermeray vient ainsi d’expérimenter l’accueil de deux architectes* en résidence dans le village, durant une semaine, fin novembre 2015. Ces architectes doivent réfléchir au devenir de deux secteurs que la commune souhaiterait aménager. Cette résidence a permis aux deux professionnels de s’imprégner de l’esprit de la commune. Ils ont rencontré les acteurs concernés par le projet : élus, habitants, promoteurs aménageurs, bailleurs, constructeurs de maisons individuelles… Tous ont été amenés à réfléchir à l’évolution qualitative du village, à ses dessertes (idée de création de sentes pour aller à l’école à pied), à son accessibilité budgétaire (des logements abordables notamment pour les jeunes couples), mais aussi aux contraintes des secteurs d’aménagement. Autant d’échanges constructifs pour envisager l’avenir !
 
D’autres communes vont parfois plus loin. Dans le Vexin par exemple, à Saint-Cyr-en-Arthies, la construction d’un éco-hameau a été étudiée au préalable avec les futurs habitants ! 
 
 
*Atelier Baste Batlle Architectes
 
Article de Patrick Blanc pour l'Echo du Parc n°69 (décembre 2015)
 
 
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