Chantiers volontaires au Petit Moulin des Vaux de Cernay

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Les chantiers apportent de l'eau au moulin
 
Il en a vu passer des mains et des truelles le Petit Moulin des Vaux de Cernay. Depuis plusieurs mois, les chantiers volontaires et de formation se succèdent pour rénover ce patrimoine datant du Moyen-Âge, qui ouvre ses portes au public en 2016.
 
Comment dit-on nettoyage et enlèvement des végétaux aux abords du déversoir en russe ? Remise en état d’une digue d’un bassin de pisciculture, en japonais ? Aménagement des rivières en utilisant des techniques de plessage en turc, en italien, en coréen ou encore en arménien ? Du 9 au 29 août 2015, le site du Petit Moulin en a entendu de toutes les couleurs. Une quinzaine de jeunes de 9 nationalités et 3 continents différents sont venus prêter main-forte pour la deuxième année consécutive.
Au programme : aménager une cave pour les chauvessouris, renforcer une berge avec l’aide du technicien-rivière du Parc mais aussi faire réapparaître la maçonnerie enfouie sous le lierre. « C’était presque de l’archéologie, explique Bernard Rombauts, architecte du Parc qui a préparé le chantier avec les responsables de l’association Études et Chantiers Ile-de-France. Les jeunes ont pu s’initier à des tâches très variées. » Pour l’association l’intérêt porte sur les travaux réalisés mais surtout sur l’ouverture au monde que propose la formule. Les jeunes travaillent le matin, se baladent l’après-midi dans le Parc, en profitent pour découvrir Paris et dorment le soir tous ensemble à la Maison de Fer, gîte d’étape du Parc naturel (Dampierre).
« Nous sommes très axés sur la protection de l’environnement, explique Mathilde Jenssonnie (coordinatrice volontariat) d’Études et Chantiers Ile-de-France. Les jeunes mangent local, trient les déchets, font du compost. Ce genre d’expérience leur permet d’apprendre à vivre ensemble, ils découvrent l’autonomie, la prise de décision collective, l’ouverture aux autres. »
 
chantier de bénévoles au petit moulin des vaux de cernay
 
Formation : chaux devant !
 
Autre chantier, autre formule, quelques mois plus tard, Mohammed, Nouredine, Dominique, Yan, Adam et les autres se sont, quant à eux, chargés de la rénovation de la grange située à 80 mètres du Petit Moulin, édifiée avant le cadastre napoléonien de 1810 qui la signale. Tous stagiaires en recherche d’emploi, ils sont venus se former aux techniques de travail du bâtiment ancien et réaliser les travaux pratiques de leur formation « Agent de valorisation du patrimoine ».
 
« Le dispositif chantier école porté également par l’association Études et Chantiers Île-de-France est une étape de pré-qualification permettant à des demandeurs d’emploi peu qualifiés de découvrir un métier et d’acquérir les premiers gestes techniques, explique Bernard. Cette étape peut être aussi le moyen de valider un projet professionnel. »
 
Pendant 7 mois, les élèves se sont appliqués à restaurer à l’identique les façades extérieures de la grange et à utiliser au maximum les ressources locales. Ainsi, des enduits et badigeons ont été préparés avec le sable de Fontainebleau prélevé dans une carrière de Marcoussis, proche du Parc. Ils ont aussi pu apprendre l’utilisation des différentes chaux : aérienne, hydraulique, chaux vive éteinte… « Les demandes des particuliers en rénovation du bâti ancien sont nombreuses dans la région, ce chantier est l’occasion d’offrir aux stagiaires des débouchés concrets », explique Karim Douaoui, l’un des formateurs professionnels de l’association. Qui de Nouredine ou Yan travaillera réellement dans la valorisation de patrimoine ? « Peu importe, conclut Karim. L’objectif de ce type de chantier est de redonner le goût du travail dans le bâtiment pour que chacun puisse, à terme, trouver sa voie. » 
 
Article d'Hélène Binet pour l'Echo du Parc n°70
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