Nids artificiels pour Hirondelles

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Pour faire face à la chute des populations d’hirondelles, une solution  efficace de protection consiste à leur offrir des nids artificiels, comme l’a fait Jean-Yves à Bullion. Ça vous dit d’essayer ?

Hirondelle  En installant sa progéniture dans un nid artificiel, notre bel oiseau gagne ainsi les 6 à 7 semaines qu’il consacre à construire un nid naturel, durée qui profite aux oisillons pour s’entraîner davantage à voler, se constituer de sérieuses réserves de graisse pour la migration et revenir l’année  suivante !

En 2006, le Bullionnais Jean-Yves observe une douzaine de nids naturels d’hirondelles de fenêtre, accrochés aux façades de la mairie. Mais plusieurs d’entre eux se décrochent : problème d’adhérence, poids de la nichée, conditions météorologiques, intrusion de moineaux... Les pertes d’oisillons sont nombreuses. Autorisé par le Maire, il installe 7 premiers nids artificiels en 2007. Séduits, les occupants se « sifflent » le mot et reviennent de plus en plus nombreux chaque année. Aujourd’hui les 56 nichoirs qu’il a posés et financés en majorité depuis 8 ans sont quasiment tous occupés durant la période de reproduction !

Ce lotissement original qui accueillait environ une quinzaine de couples en 2010 en abrite entre 54 et 58 aujourd’hui. La proximité d’espaces boisés, de larges bassins où les oiseaux peuvent boire et un vaste espace aérien  libre autour du bâtiment sont aussi des facteurs favorables au développement des colonies d’hirondelles.

Actions collégiales

Sensible à la démarche de Jean-Yves, la mairie s’est impliquée à ses côtés notamment par l’achat de nids artificiels et, en 2013, par la planification des travaux de toiture et de ravalement en dehors des périodes de nidification.

L’association Bonnelles Nature et le Parc l’ont à leur tour épaulé, entre autres pour le nettoyage des nichoirs afin de détruire les parasites.

Hirondelle  Le collège de Bonnelles s’est inscrit dans cette même action sous l’impulsion de la gestionnaire de l’établissement. 8 nids y ont été installés cette saison avec la complicité des élèves sensibilisés à leur sauvegarde par leur professeur de SVT, et par des interventions de l’association Bonnelles Nature.

Autant d’exemples encourageants qui pourraient inciter d’autres communes, établissements ou particuliers à poser des nids artificiels pour la sauvegarde de ce migrateur insectivore (il adore nos indésirables mouches !), attendu chaque année comme notre meilleur baromètre printanier : il n’apparaît que lorsque la température atteint une dizaine de degrés au moins.

Fenêtre ou cheminée ?

Considérée comme porte-bonheur, annonciatrice du printemps, l’hirondelle parcourt chaque année près de 10 000 km pour venir enchanter notre ciel et nicher sous nos toits (pour l’Hirondelle de fenêtre au ventre blanc), ou à l’intérieur des granges, caves, greniers, cavités de rochers (pour l’Hirondelle rustique qui se distingue par sa gorge de couleur rouge brique).

  • 40 % en 15 ans : victimes de la disparition de granges, de la restauration de toitures (nids ôtés, ce qui est interdit) et, surtout, de l’épandage d’insecticides (encore une raison d’arrêter de les utiliser), les hirondelles de moins en moins nombreuses sont aujourd’hui « intégralement protégées » selon les termes de la loi.

Article de Patrick Blanc pour l'Echo du Parc n°68 (automne 2015)

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