Ecocinelle : le E-commerce qui se réconcilie avec le local

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Le e-commerce n’est pas toujours synonyme de destruction d’emploi local, de drive-in et de grandes surfaces. Une petite entreprise du Parc, Écocinelle, le prouve.
 
Manger des carottes du producteur du village d’à côté, personne n’est contre. Mais pas toujours facile pour tout le
monde de se déplacer, ici pour chercher ses légumes, là pour acheter son poulet. Frédéric de La Villesbrunne, fervent défenseur des productions locales, a eu l’idée de proposer de faire le trajet pour vous et de vous livrer gratuitement à domicile. Faire ses courses avec des produits du terroir de qualité ne demande alors plus qu’une connexion Internet sur le site Écocinelle (www.ecocinelle.net) pour choisir ses produits. Ce trentenaire, installé à Galluis, sillonne ainsi les routes depuis cinq ans pour chercher ses produits chez les producteurs résidant au maximum à soixante kilomètres de son domicile et les livrer dans les Yvelines et jusqu’aux limites des Hauts-de-Seine à Rueil-Malmaison. Tous les fruits et légumes sont issus d’une agriculture raisonnée. L’idée vient de son enfance quand le potager familial profitait aux cousins et aux copains de passage qui se réjouissaient de la qualité des légumes.
Fréderic et sa compagne Emma ont conservé la main verte et l’envie de faire profiter le plus grand nombre de produits frais. Une fois le projet devenu réalité, la recherche de clients n’a été qu’une formalité. Ou presque…
 
Des fraises cueillies du matin
 
« Au début, nous avons fait quelques marchés pour nous faire connaître et le bouche-à-oreille a très vite fonctionné », explique Frédéric. Les clients sont séduits par le concept, la qualité et la fraîcheur des produits. Les fraises cueillies le matin arrivent ainsi sur la table dans la journée et offrent une saveur incomparable. Le panier minimum coûte 18 euros. Et il y a le choix : Écocinelle propose plus de 350 produits. Malgré le succès de sa petite entreprise, Frédéric peine pour le moment à dégager des bénéfices pour se payer un salaire, ce qui ne l’empêche pas de rémunérer un employé à mi-temps pour faire face aux commandes toujours croissantes. L’équation économique n’est pas simple ; « je me suis laissé trois ans pour me payer en développant d’autres services ». Pourtant, les idées ne manquent pas : une petite épicerie ambulante pour faire la tournée des villages comme autrefois, proposer des produits plus haut-de-gamme et des plats préparés, des livraisons en points relais pour réduire les charges de livraison et peut-être un magasin.
 
« Économiquement, c’est compliqué », avoue Xavier Stephan, chargé de mission Développement économique au Parc. D’autres entreprises similaires ont dû renoncer et fermer leurs portes. Mais avec Frédéric, l’enthousiasme est toujours là comme au premier jour ; Écocinelle est un peu un ovni qui tient à la force de caractère de son créateur. Prudent, il garde d’ailleurs toujours suffisamment de trésorerie pour parer aux imprévus comme une panne de sa camionnette et vivre encore longtemps son rêve.
 
Ecoccinelle
 
Article de Pierre Lefèvre pour l'Echo du Parc n°68 (septembre 2015)
 
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