Renaissance d'une auberge à Choisel

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Il était une fois une auberge en vallée de Chevreuse. Après avoir perdu son statut d’hôtel-restaurant durant plus de 50 ans, l’Auberge des 3 Hameaux vient de renouer avec sa vocation première. Choisel y retrouve une nouvelle dynamique et un lieu de rencontre pour ses habitants, mais aussi une étape agréable et conviviale pour les visiteurs de passage.
 
par Sophie Martineaud pour l'Eccho du Parc n°87
  • Auberge des 3 Hameaux - 2, rue de la Maison-Forte - 78460 Choisel - 01 30 45 43 42
Depuis un mois, l’Auberge des 3 Hameaux a commencé sa nouvelle vie. Côté place du village, dans l’ombre de l’église, jolies tables en bois, clientèle attablée, on se régale et on profite des rayons printaniers. Pas de doute, on a vraiment envie de s’asseoir ! Sur la droite, une sympathique terrasse donnant sur une verte prairie, et au-delà, la forêt de Méridon. L’ambiance bat son plein, les serveuses s’activent d’une table à l’autre. En ces jours de reprise, l’ambiance est à l’euphorie, côté clientèle ravie de revenir en terrasse, et côté personnel, content de reprendre l’activité pour de bon. Assurément un lieu convivial pour tous, pour les familles du village et des alentours, pour ceux qui passent à vélo, qui veulent déjeuner, diner ou profiter d’une pause goûter.
 
Faire revivre le centrebourg
 
L’ancienne auberge de Pépin a fonctionné jusqu’en 1965, puis est devenue maison d’habitation pour quelques décennies. Lorsque les propriétaires la mettent en vente, la commune décide de racheter la bâtisse avec le projet de la réhabiliter pour y rouvrir une auberge. Grâce à une aide de la Région, c’est chose faite en 2017. Ce sera l’Auberge des 3 Hameaux, le nom qui a retenu le plus de votes parmi les habitants de Choisel. « Il n’y avait plus aucun commerce ni école sur la commune. La reprise de l’auberge était une excellente opportunité pour redynamiser le centre-bourg » commente Alain Seigneur, maire de Choisel. Très vite, Soazig Seguis qui habite le village et qui a une expérience dans l’hôtellerie restauration, est conquise par l’idée. « Ouvrir un hôtel-restaurant était un rêve de jeunesse » raconte-t-elle. « Ce projet très fédérateur et moteur conjugue le développement local, la transition et la dimension sociale avec ses occasions d’événements et de rencontres ».
 
Pour l’achat des murs, le Parc a aidé la commune pour monter le dossier auprès de la Région Ile-de-France. « Les techniciens du Parc nous ont également fourni de nombreux conseils architecturaux et patrimoniaux » précise le maire. Il s’agissait notamment de préserver tout son caractère à la bâtisse, située au pied de l’église inscrite au titre des Monuments historiques.
 
« En soutenant la redynamisation de ce coeur de village, nous avons mené un projet transversal » explique Sandrine Missakian, chargée de mission Développement économique au Parc, « projet de restauration et d’hébergement, mais aussi réhabilitation d’un patrimoine communal, respect des normes écologiques, des produits locaux et du tourisme vert ». Ce qui ne gâche rien, l’auberge se trouve sur la Véloscénie, étape idéale pour les cyclistes sur leur itinéraire entre Paris et le Mont-Saint-Michel. « Si d’autres communes envisagent de redynamiser leur centre-bourg, nous pouvons les accompagner par une approche globale et cohérente, réhabilitation d’un bien, ingénierie, choix des matériaux d’isolation, etc. » précise Sandrine.
 
 
Tout est fait maison avec amour 
 
Aux fourneaux dans sa cuisine ouverte, le chef Stéphane Porte concocte de bons petits plats faits maison, en travaillant des produits frais, et issus de circuits courts autant que possible. D’inspiration « bistronomique », l’établissement propose une carte réduite qui évolue au fil des saisons et dont le titre donne le ton : « Tout est fait avec amour ». Pour les enfants, point de saucisses ou steaks/frites, ils auront la même cuisine de qualité que les grands, en portions adaptées.
Durant les mois de confinement, la vente à emporter a largement fonctionné, mais au village, on attendait la réouverture de l’auberge avec impatience. Dès les annonces gouvernementales, les réservations ont afflué. Choisel est un endroit où il fait bon vivre, et l’établissement va y contribuer plus encore. « Une auberge doit être un lieu de vie et de passage, pour toutes les générations. Pour les anciens, ça évoque des souvenirs, une autre époque qui ressurgit » constate la nouvelle gérante.
Dans des conditions normales, l’établissement peut recevoir une centaine de personnes, grâce à la grande salle intérieure. Sans oublier un petit salon intimiste et chaleureux. A l’étage, il y a également un gîte pour 6 personnes. D’ici quelques mois, Soazig organisera des expositions, des soirées festives avec musiciens. Et parmi les projets à venir, il est question que l’auberge accueille les enfants en péri-scolaire le mercredi midi. « J’ai envie de m’inscrire dans la vie de la commune » rappelle Soazig, « rien n’est figé et de nouveaux services pourront se mettre en place au fil des besoins ».

 

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