Pierre et Marie Curie

Quand la Vallée de Chevreuse accueillait des grands physiciens
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Il n’y a pas de polonium dans la Vallée de Chevreuse mais du calme et de la verdure convoités par les époux Curie. Il y a plus de 100 ans, Pierre et Marie fréquentent le quartier Moc-Souris de Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Voyage dans le temps.

C’est une belle et grande maison avec vue sur la forêt. Pierres de meulière, toit pentu, portail en fer forgé, de 1904 à 1906, la « Petite Biche » connaît du beau monde.
 
Au début du siècle dernier, aux vacances de Pâques ou lors de week-ends d’été, la famille Curie vient régulièrement s’y reposer et oublier pour un temps expériences et publications. « Pierre Curie vint passer les journées de Pâques dans la Vallée de Chevreuse avec moi et mes enfants, rapporte sa femme doublement nobélisée dans le livre qu’elle consacre à son mari. Ce furent deux douces journées où le soleil se montrait clément et où la fatigue de Pierre lui fut moins lourde dans un repos bienfaisant auprès des êtres qui lui étaient chers. Il s’amusait dans la prairie avec ses petites filles et s’entretenait avec moi de leur présent et de leur avenir. »
 
Le programme des journées est simple, sain aussi : visites à la Ferme du bas (notre ferme de Coubertin actuelle), balades du côté de Port-Royal, virées à bicyclette, bouquets de fleurs sauvages. Jamais, il n’est question de radioactivité, de magnétisme ni de piézoélectricité. Les sciences savantes restent à la capitale.
 
Leurs filles, Irène (8 ans) et Eve qui sait tout juste gambader découvrent la chasse aux papillons, la marche en équilibre sur les troncs d’arbres, les balades à vélo... Monsieur et Madame Giraud, leurs employés, les conduisent en calèche ici et là. Pendant 2 ans, le bonheur est dans le pré... jusqu’au drame. « Nous avons fait un grand bouquet de grosses renoncules d’eau que tu aimais tant, consigne Marie dans son cahier à la mi-avril 1906. Ce bouquet, tu l’as emporté à Paris le lendemain, et il vivait encore quand tu étais mort. » Pierre rentré plus tôt pour travailler décède à la suite d’un accident de la circulation le 19 avril 1906. Ce sera la fin de cette parenthèse chevrotine. Marie ne reviendra que quelques fois avec les enfants puis mettra fin à la location de la « Petite Biche ».
 
L’histoire des Curie dans la région a commencé avec Pierre et ses jeunes années du côté de Sceaux, elle se poursuit avec Irène. L’ainée des deux physiciens héritera non seulement de leur passion scientifique mais aussi de leur amour de la Vallée. Avec son mari, Frédéric Joliot, la jeune femme se fera construire une maison le long du parc de Sceaux. Et, quelques années plus tard, demandera que l'on implante le Centre d'études nucléaires à Saclay puis le laboratoire de physique nucléaire à Orsay. 
 
 
Article d'Hélène Binet pour l'Echo du Parc n°57
 
 
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