Zéro phyto

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Au 1er janvier 2017, toutes les communes de France devront se passer de pesticides sur leurs espaces publics (écoles, jardins publics, espaces verts, voiries). Dans le Parc, les villages s’y préparent déjà.
En France, 96% des rivières et 61% des eaux souterraines contiennent des résidus de pesticides. Les pesticides ont des effets graves sur la santé : atteintes dermatologiques, neurologiques, du système cardio-vasculaire, du système respiratoire, maladies neuro-dégénératives, cancers… Réduire l’utilisation des phytosanitaires fait partie des engagements du Plan National Ecophyto 2018.

Un produit phytosanitaire (pesticide) est un produit de synthèse, utilisé pour protéger les végétaux contre tous les organismes nuisibles ou empêcher leur développement (herbicides contre les herbes indésirables sur nos trottoirs,  fongicides pour lutter contre les champignons, insecticides contre les insectes…).

herbes folles cimetiereLes substances actives contenues dans les produits phytosanitaires sont efficaces parce que toxiques. Elles présentent donc potentiellement un risque pour l’homme et les écosystèmes. Entrainées par les eaux de ruissellement, elles se retrouvent dans les nappes souterraines qui servent à l’alimentation en eau potable et dans nos rivières.

L’Yvette et la Rémarde ne sont pas épargnées : depuis 2002, les mesures faites dans le cadre des campagnes annuelles « PHYT’EAUX PROPRES Ile de France » à l’aval du Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse indiquent une qualité moyenne. C’est pourquoi le PNR, en collaboration avec les communes volontaires situées sur le bassin versant de ces deux rivières et avec le soutien de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie et du Conseil Régional d’Ile-de-France, a initié en 2010 le programme « Objectif Zéro Phyto » qui a pour objet de réduire puis supprimer les produits phytosanitaires dans l’entretien des espaces verts publics.

Zéro Phyto  Comment agir ?

Les pesticides sont utilisés par les agriculteurs, les gestionnaires d’infrastructures, les collectivités et les habitants. La responsabilité de chacun est donc engagée.

A travers « Objectif Zéro Phyto », le PNR et les communes engagées souhaitent montrer leur exemplarité et créer une dynamique auprès de la population et des entreprises. La commune, avec le bureau d’études désigné, fait le point sur sa gestion actuelle et recherche des solutions alternatives préventives (utilisation de paillage, de couvre-sol…) ou curatives (désherbage manuel ou mécanique…), pour établir un plan de désherbage et de gestion de ses espaces dans le respect de son patrimoine environnemental :

  • suppression des produits phytosanitaires
  • utilisation raisonnée des amendements : le moins possible et uniquement « bio »
  • économie maximale de la ressource en eau, en privilégiant l’eau pluviale
  • amélioration et maintien de la biodiversité communale
  • réaménagement des espaces pour une gestion compatible sans pesticide

« Aujourd’hui sur le territoire du Parc, de nombreuses actions sont engagées afin de limiter l’utilisation des produits phytosanitaires, 15 communes ont complètement banni leur utilisation et sont donc en “zéro phyto”, précise Annaïg Calvarin-Montabord, chargée d’études nature et environnement, 10 n’en utilisent que dans les stades ou les cimetières. » Par ailleurs, 21 autres communes du Parc se sont engagées à progressivement réduire les doses.

binage manuel

Guide à l'attention des communes

Lire l'article de l'Echo sur l'entretien sans phyto des cimetières

Pour accompagner les villages à changer de pratiques, le Parc apporte des aides financières plutôt conséquentes, jusqu’à 70 % du montant de l’investissement. Ainsi, progressivement, binette, brosse mécanique, broyeur de branches, désherbeur thermique, remplacent les bidons de produits toxiques.

Et vous dans tout ça ?

Au côté des communes et du PNR, soyons tous acteurs et posons-nous les bonnes questions : est-il essentiel que nos trottoirs et caniveaux soient vierges de toutes plantules, au détriment de la bonne qualité de l’eau que nous buvons ? Quels sont les coûts de la dépollution de l’eau pour la rendre potable ? Pourquoi faut-il désherber tous les espaces ? N’y a-t-il pas un intérêt à laisser la flore spontanée s’exprimer, cette flore qui accueille de nombreuses espèces d’insectes pollinisateurs comme les papillons et les abeilles ?

Les plantes spontanées font partie de notre paysage. Ce n’est pas abandonner les lieux que de les conserver, au contraire, c’est une autre manière de faire et d’envisager l’aménagement en valorisant la nature de notre ville.

APPRÉCIONS LES HERBES FOLLES POUR PRÉSERVER LA QUALITÉ DES EAUX ET LA BIODIVERSITÉ.
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