Les Eco gestes

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Feu de bois, consumer malin !

L'accroissement naturel des forêts est nettement supérieur au prélèvement sylvicole en France comme dans la plupart des pays européens, ce qui conduit à un bilan carbone positif.
Ce préliminaire étant posé, il ne faut pas oublier que même si le bois est une énergie dite renouvelable, le brûler ne signifie pas qu’il ne pollue pas.
La combustion du bois est source de gaz carbonique (CO2), de composés organiques volatils (COV, en majorité du méthane), d'oxydes d'azote (NOx) –émissions plus importantes que les énergies fossiles à production d'énergie équivalente–, de particules (il n'y a pas que les moteurs diesel…). On considère cependant –et un peu trop simplement– que le bois brûlé ne fait que rejeter le CO2 qu'il a emmagasiné lors de la croissance de l'arbre. Jusque-là, tout va bien, les émissions de gaz à effet de serre sont donc considérées comme neutre dans la mesure où la ressource est gérée durablement (on l’a dit, il y a davantage d’arbres qui poussent que ceux qu’on coupe). Restent les COV et les particules. Là ça se complique.
Parlons un chouïa technique pour mieux comprendre avant de passer aux solutions rassurantes.
La nécessité de ramoner les conduits idéalement deux fois par an (avant et à mi-saison de chauffe) donne une idée des éléments que véhiculent les fumées. Les particules minérales et salines (sels formés par réaction de la combustion) résistent aux flammes pour la plupart et sont évacuées par les gaz. Une petite partie d’entre elles se condense sur les parois du conduit (les dépôts de suie et de créosote) et le reste s’échappe dans l’atmosphère. Le problème de la combustion du bois est qu’elle dégage des particules extrêmement fines (inférieures à 1 micromètre : PM1), des métaux lourds (PM10) et des hydrocarbures cancérigènes qui peuvent pénétrer profondément dans le système respiratoire.
allumage feu en top down
Le haut rendement de combustion du bois obtenu dans un poêle, un insert récents ou une chaudière à bois divise par huit les émissions de particules nocives pour une même quantité d’énergie consommée !
Une cheminée à foyer ouvert affiche un rendement énergétique de… 10% seulement ! En d’autres termes, 90% de l’énergie que fournit le bois part en fumée. La majorité de l’air chauffé dans la pièce est aspirée par le foyer ouvert et rejetée dehors par le conduit de cheminée. Même phénomène quand la cheminée n’est pas utilisée, les pertes thermiques de la pièce sont énormes.
Avec les alertes de pollution atmosphérique de plus en plus fréquentes, on comprend mieux l’intérêt de systématiser les bons usages pour ceux qui se chauffent au bois.

La qualité du combustible joue un rôle essentiel. Les émissions de polluants d’un bois humide sont 2 à 4 fois plus élevées (la fumée, alors plus importante, est chargée de COV et de PM).
L’allure réduite n’est pas recommandée non plus et peut multiplier par 6 à 8 les émissions de polluants (selon une étude du CSTB). Optez pour l’allure nominale recommandée par le constructeur.
Les solutions, enfin !
• Commencez par stocker le bois (fendu) au moins un an et si possible deux ans au sec avant de le brûler. Ne l’adossez pas à un mur ni au sol (posez-le par exemple sur palettes).
• Allumez votre feu par le haut (méthode dite « top down »). La combustion démarre plus lentement, les fumées alors réduites et les particules se retrouvent dans la flamme incandescente et sont presque entièrement brûlées. Le bois comme le poêle ou l’insert montent progressivement en température ce qui évite un choc thermique, la puissance est progressive et se contrôle plus facilement.
• Choisissez des essences de feuillus durs, par ordre de meilleur pouvoir calorifique : le charme en n°1, le hêtre, le frêne, le robinier faux-acacia, puis le chêne et l’orme à égalité. Suivent le bouleau, le châtaignier, le noyer, les arbres fruitiers, l’érable, le tilleul… Mais n’utilisez pas de bois traités chimiquement.
• Un foyer fermé (poêle ou insert) permettra de mieux brûler le bois et de limiter les rejets nocifs.
• Dans un poêle à double combustion et à granulés (meilleurs systèmes actuels), les émissions sont infimes et le rendement énergétique approche les 100%.
• Des filtres électrostatiques à particules équipent les chaudières à bois de forte puissance. Il existe très peu de proposition pour l’instant en France pour un appareil individuel. Un nouveau filtre catalytique (Palazzetti) apparu en 2011 est proposé sur les poêles de la marque.
• Consultez un professionnel qualifié, choisissez un matériel labellisé Flamme verte et du bois Quali’Bois ou Francilbois.

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