Les Espèces Exotiques Envahissantes
Présentation
Des espèces végétales et animales ont été introduites volontairement ou accidentellement par l’homme dans des territoires parfois très éloignés de leurs aires de répartition d’origine. Ces introductions sont favorisées par la mondialisation, l'intensification du commerce et le tourisme. Une certaine portion de ces espèces introduites s’adapte à leur territoire d’accueil et parfois peuvent y devenir envahissantes. Elles sont alors à l’origine des invasions biologiques.
Le Parc est aussi touché
Le Parc n’échappe pas aux invasions biologiques, et certaines espèces se sont tellement bien acclimatées à notre région qu’elles font désormais partie du paysage. C’est le cas par exemple du Robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) qui est présent sur toutes les communes du Parc depuis plusieurs décennies.
Cependant, devant l’accroissement du nombre d’espèces exotiques envahissantes et surtout devant la très grande capacité d’extension de certaines d’entres elles, le Parc doit aujourd’hui prendre en compte ce problème.
Parmi les EEE menaçant la biodiversité du territoire du Parc la plus préoccupante est de loin la Renouée du Japon, qui en fait regroupe souvent sous ce terme deux espèces proches Reynoutria japonica et Reynoutria sachalinensis. Ces grandes herbacées vivaces se développent facilement et surtout très rapidement à partir de fragments de rhizomes et de boutures de tiges : leur prolifération dégrade les milieux naturels, concurrençant les espèces locales.
Elles colonisent differents types de milieux (bords de routes, voies ferrées, mais avec une préférence pour les milieux humides : berges, talus, forêts alluviales..). Initialement importées comme plante fourragère et mellifère, leur dissémination se fait ensuite naturellement par l’eau, mais aussi le plus souvent par le déplacement de terres polluées par des morceaux de renouées à l’occasion de travaux (construction de routes et des voies de communication, aménagements de cours d’eau ou d’espaces verts). En effet ces terres peuvent transporter des rhizomes ou parties de tiges qui conservent une grande capacité à bouturer. De même, le compostage accidentel de la plante et le fauchage sans précaution (entretien des berges et des routes par exemple) aident à la dispersion des fragments de tige dans la nature et contribuent à l'expansion très alarmante des Renouées.
D’autres espèces sont aussi présentes dans notre territoire, et sont dans d’autres régions particulièrement prolifiques, bien qu’elles soient encore (mais pour combien de temps) peu présentes sur les communes du Pnr. Citons entre autres les Jussies (là aussi il s’agit de plusieurs espèces regroupées sous ce terme, Ludwigia peploides, Ludwigia glandiflora et Ludwigia uruguayensis ) et le Myriophylle aquatique (Myriophyllum aquaticum), principalement dans les milieux humides comme les étangs et les mares, et parfois dans les prairies.
Quant à la faune on doit citer la Bernache du canada (Branta canadensis), le ragondin (Myocastor coypus) qui, quand ces derniers sont nombreux, creusent des galeries souterraines le long des berges des cours d’eau, provoquant parfois leur effondrement et de diverses espèces d’écrevisses dites américaines (Pacifastacus leniusculus, Orconectes limosus, Procambarus clarkii) qui sont porteuses des maladies.
Pourquoi limiter la propagation de ces espèces?
Certaines espèces exotiques envahissantes entrent en compétiton avec les espèces locales, cela à une incidence négative pour les ressources alimentaires (concurrence trophique), pour les milieux occupés par l’espèce (habitat), voire aussi comportementale (niche écologique). Elles modifient le milieu naturel et contribuent à l’homogénéisation des paysages.
Elles perturbent et masquent la vision de certains éléments forts et identitaires des paysages, comme les cours d’eau.
Certaines espèces peuvent occasionner des problèmes de santé publique : comme l’Ambroisie (Ambrosia artemisiifolia) et la Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) deux plantes allergisantes.
Un peu de lexique :
Une espèce exotique envahissante (EEE) est une espèce exotique (c’est-à-dire allochtone ou non indigène) dont l’introduction par l’homme (volontaire ou fortuite), l’implantation et la propagation menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes, avec des conséquences écologiques et/ou économiques et/ou sanitaires négatives.
Espèce allochtone : à l’inverse d’une espèce autochtone, une espèce allochtone est une espèce qui est présente hors de son aire de répartition naturelle et y forme des populations pérennes. D’après l’UICN, les espèces allochtones sont des espèces qui ont été introduites par l’Homme dans une nouvelle aire géographique.
Le terme espèce « invasive » est un néologisme en langue française, il est apparu récemment dans la littérature scientifique francophone. La traduction française la plus proche de ce terme anglo-saxon « invasif » est « envahissant ».
Le saviez-vous?
Une espèce exotique peut être envahissante dans notre territoire dans une zone géographique donnée sans pour autant l’être dans une autre région de l’hexagone. De plus, toute les espèces exotiques ne sont pas envahissantes, et il existent aussi des espèces indigènes envahissantes.
Beaucoup des espèces introduites se sont naturalisées apportant des bénéfices considérables à l'économie locale (comme la tomate, la pomme de terre et le maïs toutes originaires du continent Américain). Autre exemple, un oiseaux qui est considéré comme appartenant à l’avifaune européenne le Faisan de Colchide (Phasianus colchicus), dont l’histoire de l’introduction en Europe débute 1300 ans av. J.-C.
Ces invasions biologiques n’ont pas forcement un impact négatif avéré sur la biodiversité.
Reconnaître des espèces végétales
Guide de reconnaissance des espèces
Ce guide est destiné à faciliter l’identification des principales plantes exotiques envahissantes présentes dans le Parc. L’objectif est de pouvoir distinguer ces espèces à partir de leurs principales caractéristiques afin de faciliter le recensement par le grand public et les amateurs de la flore.
Chaque espèce y est traitée sur 1 ou 2 pages avec :
- Le nom scientifique de l’espèce
- La famille
- Le nom commun
- L’origine géographique
- La floraison
- Des photographies
- Les caractéristiques principales, introduction, principaux habitats et modes de propagation
- Les confusions possibles avec d’autres espèces
Vous trouverez aussi une partie glossaire explicitant les termes botaniques utilisés dans ce guide.
À vos marques, prêt, bonne identification !!
Télécharger le guide en version PDF
Vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir.
Comment agir ?
Le Parc vous propose quelques conseils destinés à limiter la propagation de plantes exotiques envahissantes terrestres et aquatiques. La meilleure stratégie pour limiter leur propagation est de prévenir et d’empêcher la prolifération des espèces sur le territoire du Parc. Pour cela, nous vous invitons à suivre les conseils généraux suivants :
Vous jardinez ?
- Ne pas planter ni distribuer ces espèces, il est préférable de semer ou d’implanter des espèces indigènes de la région.
- Lorsque vous achetez une plante ou arbuste, il est recommandable de vérifier qu’il ne s’agisse pas d’une espèce exotique envahissante, certaines jardineries ainsi que des boutiques sur internet proposent encore ce type d’espèces. Voir les plantes conseillées par le Parc.
- Evitez l’apparition de nouveaux foyers en arrachant les jeunes pousses à la main, si possible avant la floraison. Pour certaines espèces comme la Berce du Caucase, la port de gants est nécessaire afin d’éviter des allergies cutanées.
- Nettoyer après chaque utilisation les outils de jardinage (ciseaux, sécateurs...) pour éviter toute dissémination.
- Ne pas transporter les résidus dans la nature ou dans les cours d’eau après les avoir arrachés.
- Pour limiter la pollution des cours d’eau et nappes phréatiques, l’usage de produits phytosanitaires est fortement déconseillé. De plus ils sont inefficaces.
- Informer vos voisins sur le caractère invasif de ces plantes afin qu’ils mettent en oeuvre les bonnes pratiques.
Vous avez un aquarium ?
- N’achetez pas de plantes à caractère envahissant.
- Ne videz pas l’eau des aquariums dans le milieu naturel, ils peuvent avoir certaines plantes aquatiques ornementales à caractère invasif. Les plantes doivent être détruites et l’eau mise à l’égout doit être débarrassée de tout fragment végétal.
Vous avez une mare ?
- N’introduisez pas ces espèces aquatiques pour la décoration ou l’ornement, il existe d’autres espèces végétales recommandées pour les mares (soit strictement aquatiques ou de berges).
- Si vous avez un petit foyer de Jussies, par exemple, privilégiez l’arrachage manuel.
Que faire si la Renouée du Japon est présente dans mon jardin ?
Fiche inspirée par le travail réalisé par le Syndicat mixte de la Vallée de l'Orge aval
Inventaire participatif

Vous pouvez nous aider à recenser les différents endroits du Parc où l'on trouve la Renouée du Japon ou toute autre Espèce Exotique Envahissante, en participant à cet inventaire.
Pour cela, il vous faut tout d'abord lire le protocole d'utilisation, que vous pouvez télécharger ci-dessous, et suivre les indications.
La collecte d'informations permettra de cartographier la répartition de ces espèces et de suivre leur expansion, afin de faciliter leur gestion.
Nous vous remercions par avance de votre contribution!
Comment reconnaître les espèces exotiques envahissantes ?
Documents à télécharger :
La démarche à suivre pour participer à l'inventaire
La liste des Espèces Exotiques Envahissantes que vous pouvez rencontrer





































