Boîte à outils
Quelques mesures de base pour le neuf ou la rénovation
« MORE WITH LESS » Faire plus avec moins
- Etre conscient qu’une maison individuelle isolée est une construction consommatrice d’espace. On va nécessairement évoluer vers un habitat plus regroupé pour préserver les espaces naturels et limiter les déplacements.
- Examiner attentivement le lieu de la construction, le micro climat.
- Respecter le site, la nature.
- Avoir une démarche bioclimatique
- Raisonner par rapport à la notion de bien-être thermique, la sensation de confort, qui n’est pas seulement liée à la température de l’air intérieur.
- Recourir à des entreprises proches afin de limiter leurs déplacements.
- Prévoir l’adaptabilité de votre maison à des évolutions futures, par exemple pouvoir rendre une chambre indépendante pour la louer plus facilement, prévoir qu’une pièce peut changer de destination.
- Penser à l’accessibilité aisée à l’extérieur et dans le logement pour les personnes à mobilité réduite.
- Positionner les pièces en fonction de l’orientation : chambres à l’est, pièces secondaires au nord, etc.
- Maîtriser les nuisances de chantier. Par exemple, une filière sèche (ossature bois ou acier) est a priori plus facile à maîtriser.
- Avoir du bon sens, s’orienter vers des solutions simples et économes quand c’est possible (notion de sobriété).
Le bâti ancien
Attention à ne pas plaquer sur le bâti ancien des solutions prévues pour les constructions modernes.
Par exemple, les menuiseries en PVC ont une gamme de couleurs très restreinte par rapport aux peintures pour le bois, ou même aux peintures pour l’aluminium. Le recours au PVC appauvrit donc la palette de coloris du bâti ancien.
Respecter l’équilibre hygrothermique des anciennes maisons.
Pour les maçonneries anciennes, utilisez essentiellement de la chaux hydraulique naturelle (NHL) ou aérienne (CL) et pas de ciment, pour les mortiers de pose et pour les joints.
Supprimer l’excès d’humidité qui est source d’inconfort et nécessite de chauffer davantage ; pour cela, une bonne aération / ventilation du logement est indispensable. Attention aux surcharges créées par des travaux sur l'existant, par exemple le poids d’une nouvelle isolation sur une charpente. Les constructions à ossature bois ou métal ont l’avantage d’être plus légères que les maçonneries en blocs de béton.
Investir pour faire des économies
Calculer en coût global et prendre en compte les aides financières
A noter que des choix architecturaux bénéfiques pour le confort et la performance d’un bâtiment n’occasionnent pas nécessairement de coûts supplémentaires et peuvent même engendrer des économies, notamment en matière de consommation énergétique. C’est surtout vrai dans le neuf pour les systèmes passifs comme le fait de bien orienter sa maison.
Les systèmes passifs avant tout
Prévoir de préférence une construction compacte qui réduit les linéaires de façade et réduit les déperditions d’énergie. De même, des maisons accolées réduisent les déperditions d’énergie.
Rechercher la masse thermique pour donner de l’inertie au bâtiment permettant ainsi de stocker de la chaleur ou de la fraîcheur et de la restituer avec un déphasage dans le temps. En construction bois, ajouter de la masse par des briques par exemple.
Prévoir des ouvertures orientées vers le soleil pour capter l’énergie solaire et notamment vers le sud où il est plus facile de contrôler les surchauffes qu’à l’est ou à l’ouest.
Adapter l’effusivité des matériaux au confort recherché. En effet, la température rayonnante des parois est très importante dans la sensation de confort. Dans notre région, privilégier les revêtements intérieurs à faible effusivité comme le bois.
Rechercher des parois perspirantes, une qualité importante pour le confort intérieur qui est recherchée dans l’architecture bioclimatique.
Des solutions plus sophistiquées peuvent être mises en œuvre comme un mur capteur ou un mur trombe.
Privilégier l’apport de lumière naturelle pour le confort intérieur et éviter de recourir à l’éclairage artificiel.
Les menuiseries
Elles seront de préférence en bois européen. Les simples vitrages sont bannis. Les doubles vitrages seront à faible émissivité et à lames d’argon.
Penser aux grands vitrages fixes, moins coûteux, plus isolants et donnant plus de jour. Viser U* = 0,8W/m2.k pour les menuiseries et U = 0,75W/m2.k pour les vitrages. On peut recourir aux triples vitrages mais ils limitent les apports solaires.
Prévoir des apports solaires passifs par des vitrages bien orientés faisant effet de serre.
La structure
Examiner la solution en “filière sèche” comme l’ossature bois qui est particulièrement adaptée notamment aux extensions et surélévation des bâtiments existants.
Envisager la brique Monomur.
Les matériaux
Choisir en fonction de l’écobilan, notamment le bilan de l’énergie grise. Par exemple, utiliser des matériaux de provenance proche.
Eviter l’utilisation du PVC qui a un mauvais écobilan.
Utiliser et réutiliser des matériaux traditionnels comme la chaux, les pierres de maçonneries, les pavés, les briques, des anciennes poutres, des tuiles si elles ne sont pas poreuses.
Recycler sur place certains matériaux non polluants.
Utiliser des matériaux sains en évitant les traitements chimiques qui seraient nocifs pour la qualité de l’air intérieur.
Attention aux faux amis dans les matériaux écologiques comme le coton lorsqu’il est produit par une agriculture intensive.
Attention aussi aux publicités qui vantent trop facilement les performances ou qualités écologiques d’un produit. Fiez-vous aux avis des experts indépendants et aux labels. Par exemple, les isolants minces multicouches réflecteurs sont actuellement sujets à controverses, donc bien se renseigner avant de les utiliser.
Attention à la composition des produits. Par exemple, si vous recherchez un enduit à la chaux, vérifiez que le liant est effectivement à 100% de la chaux.
Attention aux pollutions diverses souvent invisibles : COV, ondes électromagnétiques, etc.
Une toiture végétalisée cumule plein d’avantages : écologique en favorisant la biodiversité, thermique, esthétique, etc.
Sur les menuiseries bois, utiliser des peintures microporeuses.
Eviter si possible les peintures glycérophtaliques.
L’isolation performante des parois
Prévoir une isolation thermique très poussée des parois opaques avec 30 cm. d’isolation en toiture, 15 cm sur les parois verticales, et 15 cm pour le plancher bas. Viser U* = 0,15W/m2.k
Choisir des isolants de qualité du type laine de bois, cellulose ou chanvre. Dans le bâti ancien antérieur à 1945, choisisser des isolations qui préservent l’inertie des murs et la perméabilité à la vapeur d’eau, donc éviter les doublages isolants à base de polystyrène® et préférer par exemple un enduit chaux chanvre.
Faire la chasse aux fuites d’air avec une enveloppe du bâtiment étanche à l’air, mais prévoir en contrepartie une bonne aération et ventilation.
Faire la chasse aux ponts thermiques.
Pour cela, l’isolation par l’extérieur est la solution d’avenir puisqu’elle évite les ponts thermiques, permet de profiter de l’inertie du mur et sur une construction existante, évite les travaux intérieurs, et ne fait pas perdre de surface. Par exemple des isolations extérieures en fibre de bois sont très performantes.
Soigner particulièrement la pose des isolants et des freine vapeur.
L’eau chaude sanitaire solaire en priorité
Utiliser l’eau chaude à bon escient.
Produite en partie par des capteurs solaires thermiques (prévoir environ 0,7 m2 de capteur par personne).
Très bien isoler les tuyauteries.
Prévoir un limiteur de débit sur les robinetteries.
Le chauffage, si possible à base d’énergie renouvelable
Renoncer au chauffage électrique qui a un rendement très faible.
Etudier une solution de chauffage au bois par chaudière, poêle simple ou poêle de masse.
Pour une pompe à chaleur, attention au rendement réel. Les informations des fabricants sont théoriques et souvent optimistes. Bien choisir sa solution en géothermie.
Avec le gaz, prévoir une chaudière à condensation.
Prévoir une bonne régulation par thermostat d’ambiance dans une pièce principale.
Prévoir des robinets thermostatiques sur les radiateurs.
Les équipements et appareillages domestiques performants
Lave-linge et lave-vaisselle de classe A*
Réfrigérateur ou congélateur de classe A+ ou A++
Eclairage fluorescent à ballast électronique et tubes ou lampes de classe A.
Prévoir des prises murales commandées par interrupteur.
Asservir l’éclairage à des détecteurs de présence, à des variateurs d’intensité et à des horloges programmables.
Supprimer les lampes à incandescence et halogènes.
Prévoir des multiprises pour éteindre les veilles des appareils électriques.
Prévoir des chasses d’eau de WC à double commande.
Envisager parfois l’installation de toilettes sèches.
Le confort d’été sans climatisation artificielle
Contrôler les apports solaires par des protections solaires extérieures bien étudiées pour éviter les surchauffes sur les vitrages en été (surtout au sud et à l’ouest).
Eviter les vitrages en toiture.
Utilisez la végétation dans le jardin, en pergola et contre les murs comme écran aux rayonnements solaires.
Le confort d’hiver
Capter le rayonnement solaire par effet de serre au travers des vitrages, serres, oriels, vérandas, etc.
Une végétation à feuillage caduc laissera passer le rayonnement solaire pour réchauffer la maison.
Utiliser éventuellement des volets extérieurs en bois et des rideaux intérieurs pour limiter les déperditions durant la nuit.
Une ventilation bien calculée pour un air sain
Soit par un simple flux hygroréglable, soit par une ventilation mécanique contrôlée double flux avec récupération de chaleur.
Penser à aérer ponctuellement au moins une fois par jour son logement en ouvrant grand les fenêtres.
Une ventilation naturelle bien étudiée peut être efficace, notamment pour rafraîchir un logement la nuit.
Le nec plus ultra : un puits canadien pour préchauffer l’air en hiver et le rafraîchir en été associé à une ventilation double flux.
Les abords et la végétation
Ne pas étancher les surfaces
Utiliser des essences variées adaptées à la taille des jardins et des haies.
Recourir à des plantes indigènes qui vont favoriser la biodiversité.
Laisser l'eau de pluie s'infiltrer et la récupérer pour les usages extérieurs, les WC et la machine à laver le linge.
Favoriser l’accueil de la micro-faune sauvage dans le jardin et dans certaines parties de la maison.
Par exemple, laisser des petites fissures dans un vieux mur pour héberger des lézards.
Pour en savoir plus, ecoutez la conférence : Tout pour comprendre globalement la maison écologique


